André Chassaigne : "Je vais avoir la dent très dure contre la majorité"

André Chassaigne
André Chassaigne, député PCF FRANCOIS GUILLOT / AFP

Deux motions de censure vont être déposées à l'Assemblée Nationale cet après-midi. Christian Jacob portera la voix des Républicains, André Chassaigne, celle des groupes de gauche. Ce dernier était l'invité de la matinale de Sud Radio. 

Suite à l’affaire Benalla, le groupe Les Républicains (LR) et les trois groupes de gauche (Parti socialiste, France Insoumise, Parti Communiste) s’apprêtent à porter aujourd’hui deux motions de censure à l’Assemblée Nationale. C’est la première fois depuis 1980 que deux motions de censure sont déposées simultanément ! Loin d’eux l’idée de faire tomber le gouvernement, puisque la majorité de la chambre basse le soutient, les Républicains et les groupes de gauche espèrent surtout obtenir des réponses de la part du Premier Ministre. Édouard Philippe devra en effet répondre aux interpellations de Christian Jacob (LR) et André Chassaigne (PCF) à l’Assemblée.

Ce dernier, invité de la matinale de Sud Radio, est fin prêt pour cet après-midi : "Lors de mon intervention, je vais essayer d’expliquer en quoi ces dérives auxquelles on assiste, est en fait le résultat d’un système politique avec un Président qui a trop de pouvoir et un Parlement amoindri". Pour le député, certains aspects de l’affaire Benalla sont une conséquence de la Ve République, où le Président "peut faire tout et n’importe quoi".

André Chassaigne profitera donc de cette intervention pour défendre la création d’une VIe République avec un rééquilibre des pouvoirs, afin que "le Parlement puisse remplir son rôle de contrôle". Mais le député PCF n’utilisera pas cette tribune que pour faire entendre ses idées, il attend également des réponses de la part d’Édouard Philippe, qui "aurait dû s’exprimer de lui-même devant l’Assemblée Nationale" et non avec deux motions de censure sous la gorge.

Le député promet d’avoir la dent dure contre la majorité, envers qui il est très en colère. Il en veut notamment à la présidente de la commission d’enquête Yaël Braun-Pivet, qui a refusé d’auditionner des personnages du feuilleton Benalla, déclenchant la colère de l’opposition qui a fini par quitter la commission. Selon André Chassaigne, ces refus sont des entraves : "c’est un coup de force conduit par la présidente de la commission, c’est véritablement un abandon de l’autonomie du Parlement. Heureusement qu’on a cette commission qui continue au Sénat ! Car à l’Assemblée, la majorité a tout mis en œuvre pour que la vérité n’émerge pas. C’est un scandale qu’il faut dénoncer".

Cette motion de censure déposée grâce à l’union des trois groupes de gauche, n’est pas signe de ralliement par la suite mais André Chassaigne espère que cela mènera à "un combat frontal contre les mesures antisociales de ce Président des riches".

Les vacances parlementaires commençant ce soir, il faudra attendre la rentrée pour voir l'évolution entre les groupes d'opposition. 

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