Amélie de Montchalin - Confinement : "tous les services publics vont continuer"

Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 2 avril 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Amélie de Montchalin interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 2 avril 2021 à 7h40.

Amélie de Montchalin : "Notre meilleur protocole, c'est le bon sens"

Les écoles sont fermées, dans le cadre du Confinement 3, mais il y a eu un couac concernant les assistantes maternelles : le 1er avril 2021, il avait été annoncé qu’elles ne pourraient pas accueillir d’enfants, avant un rétropédalage du gouvernement. Le problème est que ces assistantes permettent à certains parents de faire garder leurs enfants. "On est dans un travail précis, efficace et de bon sens, notre meilleur protocole, c'est le bon sens", explique Amélie de Montchalin, ministre de la Transition et de la Fonction publiques. Elle a eu une rencontre avec les représentants des collectivités et en aura une avec les représentants des organisations syndicales. "Chacun d’entre nous avons aujourd’hui une boussole : s’assurer que les règles seront claires, lisibles. On se donne 24 heures pour les concerter" et trouver des solutions "applicables".

La situation a évolué, explique la ministre, et l’objectif du gouvernement est de "freiner efficacement le virus" et non "enfermer les Français". Le sujet des assistantes maternelles "sera clarifié, comme tous les autres sujets, dans la journée".

Au niveau de la fonction publique, son portefeuille, "on est en train de travailler sur un protocole de bon sens", explique Amélie de Montchalin. Dans le cadre de fonctionnaires ayant des enfants, "on essaye de regarder les situations au cas par cas". Trois scénarios sont possibles : être "en congés", avoir la possibilité de "télétravailler dans de bonnes conditions" ou être "en autorisation spéciale d’absence" pour garder les enfants. "On va être des gens pragmatiques : on sait très bien que quand vous avez des enfants en bas âge, vous ne pouvez pas travailler et garder vos enfants en même temps." L’objectif du gouvernement est, de fait, d’éviter "de demander aux gens de faire des choses impossibles", soit garder les enfants et télétravailler en même temps.

Certains élèves, fils de certains fonctionnaires fondamentaux comme les soignants ou les policiers, seront malgré tout accueillis à l’école. "Mon combat, c’est que plus jamais nous ayons un service public à l’arrêt", déclare Amélie de Montchalin. "Il faut que les Français puissent avoir des services publics à leur côté." Ces parents, dont le travail est essentiel, "auront la possibilité de faire garder leurs enfants dans de bonnes conditions", explique la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, comme c’était le cas en 2020.

 

"Nous déployons un nouveau service public, qui va vers le public"

Durant ce Confinement 3, "tous les services publics vont continuer à pouvoir apporter leurs services aux Français", annonce la ministre. Dès la semaine prochaine, des réunions auront lieu avec les patrons des services publics "pour nous assurer que nous avons bien tout mis en place afin que toute personne en situation difficile, en particulier en situation sociale difficile, puisse avoir un point de contact" avec ces services et "être accompagnée".

 

Elle souligne que le service public est dans une démarche proactive, notamment auprès des personnes âgées ou des familles monoparentales, pour s’assurer du bon fonctionnement. "C’est un nouveau service public qui est en train d’être déployé. On l'a fait à l'automne et ça a très bien marché" précise la ministre.

 

"Toutes les personnes de plus de 75 ans qui n’ont pas encore été vaccinées doivent avoir une espèce de coupe-file"

Un numéro vert pour obtenir des renseignements sur la vaccination avait été annoncé, avant d’être abandonné. Amélie de Montchalin estime que "les choses sont très simples. Toutes les personnes de plus de 75 ans qui n’ont pas encore été vaccinées doivent avoir une espèce de coupe-file, soit par téléphone soit auprès de leur médecin, pour nous assurer que dans les tout prochains jours, toutes les personnes qui le souhaitent aient pu être vaccinées."

Pour la demande d’informations des Français sur les vaccins, le gouvernement vise à "multiplier les canaux" et à donner une information claire. Il compte pour cela sur "les communes, les collectivités locales, les pharmaciens" qui sont "en proximité". Concernant la vaccination et les rendez-vous, la ministre rappelle que "sante.fr est le site de référence qui permet à chacun d’avoir les informations".

"La bonne nouvelle, c'est que les doses arrivent, ajoute-t-elle. La clef de la vaccination aujourd'hui, c'est que nous allons l'accélérer".

Sur le télétravail dans la fonction publique, "57% des agents de l'État ont télétravaillé la semaine dernière, quand ils n'étaient pas enseignants ou force de l'ordre, explique Amélie de Montchalin, là où on était à 40% il y a quelques semaines. Dans les administrations centrales à Paris, on est à plus de 75%. Mon enjeu maintenant, c'est que tout le monde télétravaille le maximum en jours : pas seulement deux ou trois jours, plutôt quatre ou cinq. C'est ça notre combat, pendant les prochaines semaines. On a fait beaucoup de travail d'accompagnement, d'équipement, de formation, que chaque équipe, chaque service, chaque bureau ait les outils. C'est une mobilisation générale, ça fonctionne. Maintenant, il faut qu'on soit au taquet de nos capacités, notamment sur le nombre de jours".

 

Le boycott de l'opposition est "insupportable, navrant, paresseux et irresponsable !"

La journée de jeudi 1er avril a été très tendue à l'Assemblée nationale et au Sénat. Pour Amélie de Montchalin, le boycott d'une partie de l'opposition est "insupportable, navrant, paresseux et irresponsable ! Quand les Français vous ont fait confiance, dans la majorité comme l'opposition, vous avez une responsabilité, estime-t-elle. J'ai été députée, notre responsabilité est de voter ! Qu'ils assument de voter contre ou qu'ils votent pour s'ils nous soutiennent. Si les gens sont contre, c'était le moment de le dire et manifestement, ils ont choisi de ne rien dire", déplore-t-elle.

"On est dans une période difficile pour notre pays, rappelle-t-elle. Nous devons être des hommes politiques responsables, c'est-à-dire donner tous les éléments à l'ensemble des Français tous les jours. Qu'on aille pas nous dire qu'on cache des éléments, toutes les semaines nous consultons l'opposition, certains comme Monsieur Mélenchon les snobent, c'est son droit, mais qu'il n'aille pas ensuite nous expliquer qu'il n'est pas au courant. Par ailleurs, c'est très facile de juger après coup !"

 

"Rien ne fait obstacle à l'idée qu'Édouard Philippe continue d'être un soutien au projet du Président"

Édouard Philippe a quitté Matignon avec un capital sympathie qui semble durer. Il a confié au magazine Le Point qu'il aimait être aux manettes. Serait-il un concurrent solide pour les présidentielles de 2022 ? "Son livre est d'abord un témoignage très fort de ce que nous avons vécu avec lui au gouvernement dans cette période extrêmement particulière, souligne Amélie de Montchalin. Comment on prend des décisions, ses responsabilités et comment on prend des risques".

"Ensuite, dans ce qu'il est, dans ce qu'il a dit, rien ne fait obstacle à l'idée qu'il continue d'être un soutien au projet du Président et à ce que nous menons ensemble pour le pays, estime-t-elle. Rien ne fait obstacle à cette fidélité, cette loyauté".

 

 

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