Alain Juppé : La LGV Paris-Bordeaux est "un instrument de développement majeur"

Alain Juppé, maire de Bordeaux et ancien Premier ministre ©DENIS CHARLET - AFP

Le maire de Bordeaux était l'invité de Territoires d'Infos, sur Sud Radio et Public Sénat. À la veille de l'ouverture de la ligne à grande vitesse qui reliera Paris à Bordeaux en 2h04, il a loué les avancées que permettront, pour sa ville, l'arrivée de cette desserte.

Paris-Bordeaux en 2 heures et 4 minutes, ce sera désormais possible. La ligne à grande vitesse reliant la capitale à la cité girondine sera officiellement active à partir de ce week-end. Pour l'occasion, Alain Juppé était l'invité exceptionnel de Territoires d'Infos, sur Sud Radio et Public Sénat. S'il n'a pas échappé aux questions de politique nationale, le maire de Bordeaux est longuement revenu sur ce qu'il a qualifié de moment "historique" pour sa commune.

"C’est un moment assez historique pour la ville de Bordeaux, qui a longtemps été un cul-de-sac, a indiqué Alain Juppé. Avec cette LGV, nous sommes positionnés sur ce grand axe de développement, au sein d’une région attractive. C'est un grand moment pour notre ville, un instrument de développement majeur, parce que dans les autres villes, l'arrivée d'une LGV a toujours été un levier de développement assez remarquable."

Seulement, pour qu'il y ait développement, il faut que cette desserte s'accompagne d'un essor économique, afin de proposer des emplois aux personnes désireuses de venir s'installer dans l'agglomération bordelaise. C'est ce qu'a indiqué l'ancien Premier ministre : "Il faut aussi développer le marché de l’emploi. Nous avons une stratégie de développement économique très ambitieuse. Ça fait 10 ans qu’on se prépare à l’arrivée de la LGV. On souhaite en faire un centre d’affaires. Nous avons une stratégie de développement économique qui nous permettra de répondre à un souci, qui est l’emploi du conjoint. Un couple ou une famille arrive, l’un d’eux à un emploi et l’autre cherche du boulot. C’est là que nous avons parfois une faiblesse et qu’il faut travailler."

Autre point important pour Alain Juppé, "il faut que la LGV profite à tout le monde" sur le territoire et pas seulement à Bordeaux : "Le problème des périphéries se pose, ce n’est pas propre à notre région. La métropole se porte plutôt bien alors que nous avons des territoires ruraux qui se sentent parfois abandonnés, voire méprisés. En Gironde, la croissance démographique est plus forte hors métropole qu’en métropole. La région Nouvelle-Aquitaine est l’une des plus attractive de France. Je défends la complémentarité entre la métropole et les territoires ruraux."

Surtout, l'ouverture de la liaison Paris-Bordeaux ne doit pas être une fin en soi : "L’effet TGV sur Angoulême n’est pas nul. Il y a peut-être une déception, mais on gagne aussi une heure sur Paris. Agen aussi. Il faut que cette LGV puisse bénéficier à tout le monde. Bordeaux ne doit pas être un terminal, un cul-de-sac. Il faut aller jusqu’à Toulouse et jusqu’à la frontière espagnole."

Et sur ce dernier point, il reste du travail, puisque la déclaration d'utilité publique sur la ligne grande vitesse Bordeaux-Toulouse a été annulée jeudi par le tribunal administratif. Si la liaison Paris-Bordeaux en 2h a mis 15 ans à voir le jour, le dossier LGV n'a pas encore vu le bout du tunnel.

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