Adrien Quatennens : "La quatrième vague sera sociale"

Adrien Quatennens, député du Nord et coordinateur de la France Insoumise, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 7 avril 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Adrien Quatennens interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 7 avril 2021 à 7h40.

La production de doses de flacons en France, qui consiste uniquement dans la mise en flacons de produits, commence cette semaine du 5 avril 2021. "La montée en puissance de la production de vaccins, dans tous les cas, sera une bonne nouvelle", estime Adrien Quatennens.

Il regrette toutefois que la France, "qui a une histoire particulière avec le vaccin", Pasteur ayant développé le premier de l’histoire, n’ait pas encore son propre vaccin. "Sanofi a échoué", rappelle le député du Nord, malgré "4 milliards de dividendes" pour les actionnaires, mais également "400 postes supprimés dans la recherche".

Malgré les propos d’Emmanuel Macron qui appelait à ce que le vaccin soit "un bien de l’humanité" et sorte "des lois du marché", Adrien Quatennens estime qu’il est "considéré, en fait, comme une banale marchandise" ce qui conduit à une difficulté "d’accès aux doses". Il rappelle en outre que "la France avec l’Union européenne se sont opposées à la levée des brevets sur le vaccin" devant l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), alors que cette levée est demandée par l’OMS.

 

Adrien Quatennens : "Puisque la pandémie est mondiale, le vaccin doit être bien commun de l’humanité"

Pour certains, l’absence de grandes entreprises pharmaceutiques en France est liée aux conditions fiscales et au coût du travail. Ce n’est pas l’avis du coordinateur de la France Insoumise qui souligne que "la France verse beaucoup d’argent" aux entreprises et pourtant, on n’est "pas capables de mettre sur pieds notre propre vaccin". Pour lui, de fait : "puisque la pandémie est mondiale, le vaccin doit être bien commun de l’humanité".

Il appelle également à ce qu’il n’y ait pas "d’idéologie" sur le vaccin, et notamment concernant le vaccin russe, Sputnik V, dont on sait "qu’il est efficace". "Pourquoi n’arrive-t-il toujours pas sur notre sol ?" "Le vaccin, s’il est sûr et efficace, d’où qu’il vienne, doit être proposé parce qu’aujourd’hui on a cette difficulté qu’est l’accès aux doses."

 

"La situation sanitaire s’est de nouveau dégradée suite au pari hasardeux d’Emmanuel Macron au mois de janvier"

Une cyberattaque a été évoquée par le ministre de l’Education nationale pour expliquer les dysfonctionnements sur les outils numériques alors que les enfants se retrouvent en distanciel pour cause de fermeture des écoles. Une thèse qui ne convainc pas les internautes, ni Adrien Quatennens : "on a surtout la vérification de l’impréparation de ce gouvernement".

La France Insoumise avait décidé, au début de la crise, de faire une opposition constructive, souligne Adrien Quatennens. "Et nous avons fait des kilos de propositions" mais "rien n’a trouvé grâce à leurs yeux".

Le président de la République, pour le député, se croit "chef de Guerre", "monarque" et "meilleur épidémiologiste de France", critique-t-il. Or, si les Français sont de nouveaux confinés, c’est "parce que la situation sanitaire s’est de nouveau dégradée suite au pari hasardeux d’Emmanuel Macron au mois de janvier de ne pas reconfiner". "Il faut des alternatives au confinement", souligne le député du Nord, soit "des conditions de pouvoir lutter contre le virus sans enfermer".

 

Il y a des "coronaprofiteurs"

Durant la crise, et encore en 2021, le gouvernement a fortement aidé les entreprises. "Incontestablement, il y avait des mesures à prendre, et notamment le chômage partiel", confirme le député LFI. Toutefois, il fait une distinction entre "les entreprises qui subissent de plein fouet cette crise, et qu’il faut soutenir", et "ceux que moi j’appelle les coronaprofiteurs". Pour lui, ce sont les entreprises qui "font des bénéfices, qui disposent des aides de l’État en quantité, qui continuent de verser des dividendes et qui licencient".

Il ne manque pas de citer quelques noms : "Renault, Safran, Schneider Electric, Tui, Cargill… la liste est longue". "On a le sentiment que certains profitent de la crise sanitaire pour fondre dans le décor des plans de licenciements, des plans de délocalisation qui étaient déjà prévus de longue date", souligne Adrien Quatennens.

Le député estime que le gouvernement crée des polémiques pour lesquelles "il n’y a pas d’actualité" dans le but de "en quelque sorte faire que la question sociale disparaisse". "La quatrième vague est sociale, c’est un cataclysme social dans le pays."

Emmanuel Macron est "le président qui mène une guerre sociale sans merci aux plus pauvres"

"La politique qui vise à catapulter des milliards, sans vision stratégique, sans aucune contrepartie demandée aux entreprises est inefficace", juge le coordinateur de La France insoumise. Il demande donc que "les entreprises qui touchent des aides de l’État et versent des dividendes à leurs actionnaires devraient se voir interdire le fait de licencier".

Le député critique également la relance de la réforme de l'Assurance-chômage "qui en quelque sorte consiste à penser que les chômeurs sont responsables de leur chômage" et qui va conduire à une réduction des indemnités "de 17 à 40% pour plus d'un million de personnes". "C'est une catastrophe", estime le député. "Avec cette honteuse réforme de l'Assurance-chômage", critique Adrien Quatennens, Emmanuel Macron est "le président qui mène une guerre sociale sans merci aux plus pauvres".

 

Il faut que la gauche se retrouve sur "des questions aussi fondamentales que les libertés"

Yannick Jadot, chef de file d'EELV, a demandé un rassemblement de la gauche. "L'acte 1, d'abord, c'est de vérifier notre capacité collective à riposter aux attaques de l'extrême-droite dans ce pays", a répondu LFI. Raison pour laquelle une réunion de plusieurs partis de gauche est prévue le 7 avril 2021, afin de vérifier que la gauche "puisse se retrouver" sur "des questions aussi fondamentales que les libertés". Toutefois, ni Yannick Jadot ni Olivier Faure n'auraient répondu à l'invitation de la réunion.

 

"92% des Français sont favorables à la légalisation de l'euthanasie"

La loi sur le droit à l'euthanasie est discutée le 7 avril 2021 à l'Assemblée nationale. Une loi fortement critiquée, par la droite notamment qui a joué la carte de l'obstruction parlementaire. "Ce n'est pas le point de vue de l'écrasante majorité de Français", rappelle Adrien Quatennens : "il y a quelques chose comme 92% des Français qui sont favorables à la légalisation de l'euthanasie".

Le député rappelle que "4.500 personnes partent chaque année clandestinement à l'étranger pour mourir dignement".

La technique de l'obstruction parlementaire, près de 3.000 amendements ayant été déposés, conduit les députés dans l'impasse : "si on n'arrive pas au bout à minuit jeudi 8 avril 2021 au soir, le texte est rejeté" explique Adrien Quatennens.

 

 

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