Parlons Vrai chez Bourdin - Restos du Cœur : "15% de personnes accueillies en plus cette année ?"

Jean-Pierre Pasquet, responsable adjoint des Restos du Cœur de Meurthe-et-Moselle, était l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio le 22 novembre dans "Parlons Vrai chez Bourdin".

Restos du Cœur
La campagne d'hiver des Restos du Cœur démarre mardi 22 novembre. © AFP

La campagne d'hiver des Restos du Cœur démarre mardi 22 novembre. Le président des Restos du Cœur a lancé un cri d'alarme dans une interview au Figaro. "On n'a jamais connu ça ! Seuls on ne tiendra pas". Il dresse un état des lieux sans appel, avec de plus en plus de bénéficiaires et des factures en forte hausse.

Restos du Cœur : "Nous estimons à 15% l'augmentation du nombre de personnes que nous devront accueillir"

"Tout le monde vit des effets de la crise inflationniste" explique Jean-Pierre Pasquet, responsable adjoint des Restos du Cœur de Meurthe-et-Moselle. "Pour les Restos du Cœur, ça s'est fait sentir dès cet été, avec une augmentation très sensible. Nous estimons que ça va s'accélérer encore, avec 15% d'augmentation du nombre de personnes que les 37 centres de Meurthe-et-Moselle vont accueillir. Soit plus de 14.000 personnes par semaine. Nous serons amenés à distribuer plus de 2,2 millions de repas en termes de besoins de denrées alimentaire. Notre besoin de denrées alimentaires est supérieur de 200 tonnes par rapport à l'an passé".

"Ça va être dramatique ! prévient une auditrice. Beaucoup de personnes autour de nous n'arrivent pas à joindre les deux bouts. Que ce soient des étudiants, des retraités ou des chômeurs. Ils sont dans des situations de précarité énormes, ils ont vraiment des difficultés à se nourrir confie-t-elle. Chercher un travail, des boulots très difficiles et ne pas pouvoir s'en sortir avec du travail précaire. Sans compter tous ceux qui sont dans la rue". Elle constate "de plus en plus de personnes dans de grosses difficultés". "On donne à la banque alimentaire quand on va faire les courses, mais tout le monde ne le fait pas..." regrette-t-elle. "Ce n'est pas facile de franchir le pas des Restos du Cœur, d'oser demander de l'aide" ajoute Jean-Pierre Pasquet.

 

"Les bénévoles subissent également la crise inflationniste"

Jean-Pierre Pasquet souligne par ailleurs "le besoin de chaleur que ressentent les personnes accueillies. C'est ce qu'on essaie de leur apporter dans nos centres, un sourire, un peu de chaleur, un coin café. En plus de l'aide, c'est de cela dont ils ont besoin". "Les bénévoles sont dévoués mais ils subissent également la crise inflationniste et le prix des carburants est un de nos soucis pour la prochaine campagne. Sur le département, on compte 850 bénévoles. Il faudrait qu'on puisse trouver 100 bénévoles supplémentaires pour élargir nos horaires et permettre un bénévolat avec un respect de leur vie personnelle suffisant".

Il assure que "la générosité et la solidarité se maintiennent, malgré un léger fléchissement. Nous devons développer d'autres moyens d'augmenter nos ressources, telles que les collectes et les ramasses. Nous comptons beaucoup sur la générosité du public, des entreprises et des grands magasins dans le cadre de la ramasse par exemple. Il s'agit de récolter dans les grandes surfaces des produits qu'ils jetaient avant. Sous réserve que leur consommation soit acceptable. Mais ça suppose une logistique, avec des camions frigos pour les produits frais par exemple. Là aussi nous subissons les augmentations des coûts de transport et de carburant". "Nous comptons sur les pouvoirs publics et les institutions, pour nous permettre d'avoir des locaux qui fassent que les personnes accueillies retrouvent un peu de chaleur".

 

 

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