Motion de censure NUPES - RN : François Kalfon charge le PS allié à LFI

La motion de censure de la NUPES aurait été aménagé pour que le RN la signe. C'est l'accusation de François Kalfon, il réagit sur Sud Radio.

François Kalfon - Sud Radio

La motion de censure de la NUPES en réponse au 49.3 du gouvernement aurait été aménagée par LFI qui aurait retiré une mention positive sur l'immigration pour que le RN la signe. C'est l'accusation lancée mardi par François Kalfon, membre du Bureau National du Parti Socialiste. Son parti se serait laissé influencer. Il a confirmé ses accusations sur Sud Radio.

Tout est allé très vite. Le 19 octobre, le gouvernement d'Élisabeth Borne actionne le 49.3 pour faire passer la partie recettes du projet de loi de Finances. Lundi soir, la NUPES dépose sa motion de censure, peu de temps après, Marine Le Pen déclare que le RN la votera et mardi, François Kalfon accuse LFI d'avoir aménagé cette motion afin qu'elle puisse bien être votée par le RN.

C'est au micro de Jean-Jacques Bourdin dans l'émission "Parlons Vrai chez Bourdin" que François Kalfon, membre du Bureau National du Parti Socialiste, est revenu sur ses déclarations.

"J'entends que M. Guedj, (ndlr : Jérome Guedj : Député PS-NUPES de l'Essonne) qui m'a dis que tout était faux dans ce que je disais hier. Ce matin, dans Le Monde, il indique que lui-même a voulu inclure ses fameux passages qui n'ont pas été pris par LFI"

Le parti de Jean-Luc Mélenchon aurait donc influencé le PS pour retirer un passage sur l'immigration. L'accusation a également été reprise par l'ancien patron socialiste, Jean-Christophe Cambadélis.

François Kalfon, toujours membre du Bureau National du PS, en profite pour rejeter les accusations qui laissent à croire que le PS aurait tout fait pour éviter une alliance avec le RN.

"Là où on peut être extrêmement précis, c'est de dire que si le Parti Socialiste, qui est un membre important de la NUPES, avait voulu créer un rapport de force pour créer ce que j'appelle des "marqueurs anti-RN" dans la motion de censure, interdisant au RN de la voter, ils auraient pu le faire"

Suite à ces déclarations, Jean-Jacques Bourdin dresse le constat suivant : "Donc c'est vrai [...] donc le texte a été édulcoré [...] pour permettre au RN de voter la motion de censure de la NUPES" ce à quoi Kalfon répond par l'affirmative.

L'ancien conseiller régional d'Île-de-France se montre loin d'être surpris et rappelle à l'antenne que certains cadres de LFI et du RN avaient déjà laissé présager qu'un vote commun aurait pu être envisageable.

"M. Bompard (ndlr : Manuel Bompard, député LFI des Bouches-du-Rhône) l'avait annoncé [...] il y a une quinzaine de jours [...] "Est-ce que vous voteriez une motion de censure commune avec le RN", il avait dit "pourquoi pas ?" et ensuite Le Figaro mettait dans la bouche de M. Coquerel (ndlr : Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis), [...] le fait qu'il assumait des motions de censure édulcorées [...] afin que tout le monde puisse les voter. Ce matin même, M. Chenu (ndlr : Sébastien Chenu, porte-parole du RN), [...] et d'autres cadres du RN qui n'ont pas cités leurs noms, disent à quel point ils avaient pu vérifier que cette motion serait édulcorée et qu'ils pourraient la voter [...]."

François Kalfon n'en démord pas et regrette ce qu'il considère être une "tartufferie".

"Et voilà qu'en catimini Monsieur Bompard, Monsieur Coquerel, Mme. Garrido (ndlr : Raquel Garrido, dépité LFI de Seine-Saint-Denis), viennent passer des petits accords entre amis, n'est-ce pas d'une tartufferie absolument incroyable ? Si c'est leur ligne, qu'ils le disent aux électeurs mais manifestement ils attendent bien que le temps de l'élection soit fini pour être dans une sorte de chamboule-tout"

François Kalfon termine en invitant ses collègues au PS de prendre la parole comme il le fait.

"Moi je leur dis une chose à mes amis socialistes : si vous voulez garder votre honneur y compris votre siège de député, alors relevez-vous, ayez une valeur ajoutée, ayez des convictions que vous exprimez comme je le fais à l'instant parce que si vous vous taisez, si vous pensez qu'en étant passe-muraille vous aurez l'élection, et bien vous aurez le déshonneur et la défaite".

Le congrès du Parti socialiste aura lien, pour rappel, en janvier prochain à Marseille.

L'intégralité de cet entretien est à retrouvez sur la chaîne YouTube de Sud Radio

Retrouvez "Parlons Vrai chez Bourdin" sur Sud Radio du lundi au vendredi de 10h30 à 12h30 sur Sud Radio