Mardi au siège de l'ONU à New-York, Jean-Noël Barrot a annoncé avoir préparé « une mission internationale prête à se déployer pour que la reprise du trafic soit la plus rapide possible » dans le détroit d’Ormuz. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères n’a pas donné plus d’explications. Mais en quoi consiste ce plan ? La France est-elle la seule concernée ? Éléments de réponse.
« Répercuter le plus rapidement à la pompe »
Les prix du carburant sont toujours en hausse en France et en Europe en général. L’intervention du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères intervient donc dans un contexte tendu entre les Français et le gouvernement. Si la solution d’une baisse des taxes sur le carburant n’est pas évoquée, c’est la réouverture du détroit d’Ormuz qui est au premier plan.
« Nous avons préparé pour le détroit d'Ormuz une mission internationale qui est prête à se déployer dès que les conditions le permettront, pour que la reprise du trafic soit la plus rapide possible et que donc la baisse des tensions se répercute le plus rapidement possible à la pompe pour les Françaises et pour les Français, a déclaré le ministre. Et puis, parce que nous savons que ce type d'épisode est amené à l'avenir à se multiplier, eh bien, nous avons pris les devants et nous travaillons avec nos partenaires européens, mais aussi nos partenaires dans la région. »
Mettre en place une force d'interposition maritime
Le but est d’assurer la sécurité maritime en mettant en place « une force d’interposition maritime la plus internationale possible chargée d’assurer la sécurité dans la zone », comme l’explique Sylvain Domergue, enseignant en géopolitique à Sciences Po Bordeaux, dans Public Sénat.
Cela signifie qu’une flotte serait mise en place pour escorter les navires de commerce et les tankers. Dans les faits, l’opération Aspides, lancée en février 2024, consiste déjà à protéger le trafic maritime en mer Rouge. Mais Kaja Kallas, responsable de la politique étrangère de l’UE, ne souhaite pas accélérer le processus parce que les risques sont trop élevés. « Pour avoir un impact significatif, la mission devrait au moins doubler ses effectifs », a expliqué une source diplomatique à Euractiv concernant la mission Aspides.
Le plan va donc au-delà de cette opération. Et il est largement comparable à celui qui devait être mis en place début mai entre la France et le Royaume-Uni. Cette mission conjointe n’a jamais vu le jour. Reste à voir si cette volonté ira jusqu’au bout.