Depuis le début de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, près de 300 milliards d’euros d’avoirs russes sont gelés par l’Union européenne. Certains états membres réclament même désormais d'utiliser une partie de ce « trésor de guerre » pour financer l’aide à l’Ukraine.
En réponse, la Russie a décidé de passer à l'offensive en confisquant à son tour des biens européens et français en particulier. Vladimir Poutine a signé un décret, sans contrepartie, qui consiste à placer sous « administration temporaire » d’une même société les actifs russes de deux grands groupes français présents en Russie, à savoir Auchan et Lemana Pro (ex-Leroy Merlin). Une sorte d'oukase moderne, entre ordre strict et décision autoritaire du chef du Kremlin, dont a également fait les frais le géant suisse Nestlé.
Une décision autoritaire
Mais cette décision ne signifie pas qu’il y a nationalisation. C’est un transfert de pouvoir, de gestion. Les PDG des différentes sociétés n’ont, dans les faits, plus leur mot à dire. C’est la société LEV Management qui décide : une nouvelle micro-entreprise russe inconnue, dirigée par un général du ministère russe de l'Intérieur et aux mains d’un haut fonctionnaire : Andreï Kraiouchkine, qui n’a évidemment aucun lien avec les secteurs respectifs des entreprises. Une sorte de société-écran qui permet aux actifs d’être transférés en une signature vers une autre entreprise.
Une guerre totale
Depuis 2023, de nombreuses entreprises européennes ont subi le même sort et leurs actifs ont fini par être saisis et revendus à des prix largement décotés à un proche du pouvoir. C’est le cas de Danone ou de Carlsberg, notamment.
À la suite de cette nouvelle, le Quai d’Orsay a immédiatement réagi : « La France dénonce la mise sous administration provisoire sans justification. » Le Kremlin justifie que les actifs de ces entreprises appartiennent à des « pays inamicaux ». Militaire, hybride, commerciale : la guerre de la Russie est devenue totale.