Élisabeth Borne en Algérie : "La volonté d’avancer existe"

Élisabeth Borne et une quinzaine de ministres se rendent en Algérie, avec deux enjeux en tête : le gaz et les visas.

Élisabeth Borne se rend en Algérie, accompagnée d'une quinzaine de ministres. Deux enjeux : le gaz et les visas, dont la France a divisé le nombre par deux tant que l’Algérie ne reprendra pas les personnes expulsées.

Algérie : "Les relations avec la Russie sont anciennes"

"La volonté d’avancer existe, la question est de savoir si cela tiendra dans la durée, tant le régime algérien est instable d’un point de vue institutionnel, analyse Kader Abderrahim, maître de conférences à Sciences Po, auteur de Géopolitique de l’Algérie aux éditions Bibliomonde. Et puis, on n’est pas à l’abri d’une bouderie, d’un fâcherie, qui pourrait tout compromettre." Comment le régime algérien voit-il la France ? "Il voit bien que les choses sont en train de changer très rapidement d’un point de vue géopolitique. Les conséquences de la guerre en Ukraine sont là pour tout le monde, y compris pour l’Algérie qui a de grandes difficultés en termes d’approvisionnement alimentaire."

Pour autant, l’Algérie a des liens forts avec la Russie. À tel point que les États-Unis lui ont envoyé un avertissement ces derniers jours. "En effet, les relations avec la Russie sont anciennes, depuis l’indépendance, et même un peu avant. C’est le premier fournisseur d’équipements militaires pour l’armée algérienne. C’est une relation stratégique basée sur des intérêts communs. Elle n’est pas prête de changer même si l’Algérie n’est pas très contente de la façon dont Vladimir Poutine mène la guerre en Ukraine."

 

Un bras de fer sur les visas et les expulsés

Comment les gens de la rue voient-ils les relations entre la France et l’Algérie ? "L’Algérien moyen sait bien que c’est un débouché quasiment naturel, compte tenu de l’histoire commune entre les deux pays, juge Kader Abderrahim, maître de conférences à Sciences Po, auteur de Géopolitique de l’Algérie aux éditions Bibliomonde. La langue française en commun est un atout important qui leur permet une ouverture sur le monde. Ce sont des sentiments mêlés."

L’Algérie, grand producteur de gaz, est-il en position de force dans les négociations ? "Oui, elle est très convoitée, sollicitée. Mais en même temps, il faut faire attention. Elle n’a pas la capacité de production de gaz de la Russie et du Qatar. Elle peut approvisionner jusqu’à un certain point, mais pas se substituer à la Russie." Sur la question des visas, c’est le bras de fer sur le sujet des expulsés. "Le Président avait dit que la France était prête à faire un effort pour les chefs d’entreprise et les étudiants. Cela reste une épine dans le pied. Gérald Darmanin va avoir beaucoup de mal à convaincre ses interlocuteurs en Algérie."

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