Dialogue entre les manifestants hongkongais et l'exécutif : déjà 20 000 inscrits

La cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, organise un dialogue, jeudi 26 septembre, pour permettre aux manifestants hongkongais d'exprimer "leur colère", Cette dernière a annoncé aujourd'hui que 20 000 citoyens pro-démocratie avaient déjà postulé pour y participer. Un succès à relativiser, alors que l'ancienne colonie britannique traverse sa pire crise politique depuis sa rétrocession à Pékin, en 1997.

Carri Lam, Cheffe de l'exécutif à Hong Kong, lors d'une conférence de presse, le 24 septembre 2019. (Photo de Nicolas ASFOURI / AFP)

Depuis le mois de juin, on compte quasiment chaque jour des manifestations et actions de la part des citoyens, dont certaines aboutissent à de violentes altercations. Dénoncer un recul des libertés, demander des réformes démocratiques, mettre en lumière un sentiment d'ingérence de Pékin dans les affaires hongkongaises... Ce sont les principaux objectifs des manifestants pro-démocratie, dont la colère est principalement centré sur Carrie Lam, jugée intransigeante.

 

 

Un premier pas vers la population

Afin d'essayer d'aboutir à des accords avec les citoyens pro-démocratie, la cheffe de l'exécutif a récemment proposé pour la première fois un dialogue. Carrie Lam souhaite montrer sa bonne foi en encourageant tout type de personnes à participer à ce débat. Elle veut mettre en place un échange entre des hongkongais ayant des origines et des antécédents différents, mais également entre des citoyens qui adhèrent à des positions politiques diverses. D'après Mme Lam, ce dialogue permettrait aux participants d'exprimer librement leurs opinions, ou même leur colère.

 

Une initiative qui divise

Malgré les 20 000 citoyens déjà inscrits, cet événement ne fait pas l'unanimité. Un grand nombre de manifestants ont refusé cette offre de dialogue. Certains d'entre eux craignent un piège, ou ne trouvent pas d'intérêt dans cette démarche car ils considèrent que leurs revendications sont déjà connues.

Mais cette réticence n'empêchera pas le dialogue de se tenir, car le nombre d'inscrit a déjà largement dépassé le nombre de participants prévus. Seulement 150 hongkongais prendront part à cette session de deux heures avec Mme Lam, après avoir été sélectionnés au hasard.

 

Objectif primordial : un dialogue pacifique

Selon Carrie Lam, l'un des principaux enjeux sera d'éviter tout débordement durant ce débat. La cheffe de l'exécutif espère notamment qu'il se tiendra "dans un climat pacifique, rationnel et calme". Les participants ne seront d'ailleurs pas autorisés à venir avec l'un des objets emblématiques de la contestation, tels des parapluies, des casques ou des masques à gaz.

Cet objectif de paix a rarement été maintenu lors des manifestations hongkongaises de cet été. Ces dernières ont souvent dégénéré en affrontements violents entre radicaux et forces de l'ordre. On dénombre notamment plus de 1.500 manifestants arrêtés depuis juin. Carrie Lam mise alors tout sur ce dialogue pour, peut-être enfin, calmer ces vives tensions.

 

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