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Affaire Epstein : pourquoi la justice française semble au point mort

Alors que le dossier Epstein continue d'apporter son lot de connivences et de nouveaux documents déclassifiés aux Etats-Unis, une quinzaine d’anciennes mannequins ont saisi la justice en France pour dénoncer des violences sexuelles attribuées à l’ancien dirigeant de l’agence Elite, relançant dans notre pays une enquête qui peine à avancer.

Quand Jeffrey Epstein a été retrouvé mort dans sa cellule à New York en 2019, l’affaire a fait le tour du monde. Mais côté France, l’enquête piétine, le sentiment d’injustice grandit et les révélations de l’affaire alimentent les théories du complot.

Une affaire qui dépasse les frontières

"C'est une affaire qui concerne surtout les États-Unis d'Amérique", cette déclaration d’Emmanuel Macron au micro de l’émission Quotidien le 9 février a plutôt mal vieilli. Jack Lang avait déjà démissionné de l’Institut du Monde Arabe et depuis, de nombreuses affaires refont surface, liées au dossier Epstein.

Le réseau du financier américain touchait l’Europe, et notamment la France. Et lorsqu’en début 2026, le ministère de la Justice des États-Unis déclassifie des millions de documents du dossier Epstein, cela déclenche une onde de choc en France.

Une justice discrète… et lente

Rapidement le processus est enclenché, la presse s’empare du sujet et la justice n’a pas d’autre choix que de réagir. D’abord, le parquet de Paris désigne plusieurs magistrats référents pour scruter les “Epstein Files” et repérer s’il y a eu des infractions de ressortissants français ou sur le sol français.

Mais surtout, deux enquêtes sont ouvertes simultanément : une enquête sexuelle et une enquête économique/financière. Pour beaucoup, il y a une justice à deux vitesses, qui protège une “élite dirigeante”.

Pourtant, en France, les enquêtes pénales se font dans la discrétion, surtout dans des cas aussi sensibles que l’affaire Epstein. Les magistrats et policiers travaillent à l’abri des regards, les dossiers passent par plusieurs niveaux d’instruction, et chaque étape peut durer des mois. Résultat : même quand ça avance, cela ne se voit pas forcément.

Des obstacles majeurs

La mort de Jeffrey Epstein a fermé une partie des pistes. Mais ce n’est pas tout : Jean-Luc Brunel, figure clé du réseau en France, est lui aussi décédé en détention en 2022. Là encore, des éléments cruciaux ont disparu avec lui, compliquant l’enquête.

En 2023, une partie de l’enquête française a été classée sans suite, faute de preuves suffisantes. Mais certaines victimes continuent de se battre pour obtenir justice. Leur combat rappelle que, derrière les faits anciens et les procédures interminables, il y a des vies brisées qui cherchent des réponses.

Une commission d’enquête parlementaire comme solution ?

Le 5 février, La France Insoumise avait réclamé, par l’intermédiaire d’Antoine Léaument, la création d'une commission d'enquête parlementaire transpartisane sur le sujet. L’objectif : donner la possibilité à des victimes, connues ou nouvelles, de témoigner, et enquêter sur d'éventuelles "ingérences" ou le "financement" de partis politiques.

Cette proposition a irrité une partie de la classe politique, notamment la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui estime que la démarche irait à l’encontre du principe de la séparation des pouvoirs.

Ce que dit la loi et ce que cela changerait

Une commission d’enquête parlementaire ne possède pas de pouvoir judiciaire, mais sert à clarifier des éléments relatifs à : la gestion d’un service public, la gestion d’une entreprise nationale ou encore des questions de société. Dans le contexte Epstein, elle permettrait surtout de mettre en lumière les zones d’ombre en France, de recueillir les témoignages des victimes et d’identifier des dysfonctionnements dans le traitement judiciaire ou administratif de l’affaire.

Si cette commission voyait le jour, elle ne rendrait pas la justice, mais pourrait créer un précédent important, en donnant plus de visibilité et de pression politique sur un dossier où le temps semble s’être arrêté. Une manière pour la France de montrer qu’elle prend enfin au sérieux un scandale international qui n’a pas épargné son territoire.

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