Malgré ces premières évacuations, plusieurs milliers de Français restent encore sur place. Les autorités poursuivent l’organisation de vols supplémentaires et tentent de gérer une situation logistique complexe dans un contexte de sécurité dégradée.
Des vols spéciaux pour les personnes les plus vulnérables
Depuis le début de l’escalade militaire au Moyen-Orient, la France a engagé une opération de rapatriement destinée à permettre à ses ressortissants de quitter la région. Plusieurs milliers de Français, touristes ou expatriés, se sont retrouvés bloqués dans différents pays en raison des fermetures d’espaces aériens et de la suspension de nombreuses liaisons commerciales. Selon les estimations des autorités, environ 5.000 Français souhaitent actuellement être rapatriés. Dans le même temps, plus d’un millier ont déjà pu rentrer en France grâce à des vols organisés par l’État, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers de retours effectués par des liaisons commerciales encore disponibles.
Ces opérations concernent notamment des ressortissants présents aux Émirats arabes unis, au Liban ou dans d’autres pays de la région. Les demandes proviennent en grande partie des zones du Golfe, où résident de nombreux Français pour des raisons professionnelles ou touristiques.
Dans un premier temps, les autorités françaises ont donné la priorité aux profils considérés comme les plus vulnérables. Il s’agit notamment de familles avec enfants, de personnes âgées, de femmes enceintes ou de ressortissants nécessitant un suivi médical particulier. Plusieurs vols affrétés spécialement par le gouvernement ont ainsi été organisés depuis différents aéroports de la région. D’autres rotations doivent encore être programmées dans les prochains jours afin d’accélérer les retours. Au total, plusieurs centaines de places ont déjà été mises à disposition dans ces avions spéciaux. Dans certains cas, les ressortissants doivent d’abord rejoindre un autre pays par la route avant de pouvoir embarquer vers la France, en raison des restrictions de trafic aérien dans certaines zones de conflit.
"Nous, on a pris la décision d'envoyer tous nos clients sur Oman dès le samedi matin par voie terrestre, et on a fait partir tout le monde par Muscat. En 48 heures, on a sorti nos 200 passagers qui étaient soit à Oman, soit dans les Émirats, soit à Qatar. On les a sortis très vite. […] On peut toujours passer par Oman et l'Arabie saoudite, même si c'est 900 km pour l'Arabie Saoudite et 300 ou 400 km pour Oman", raconte au micro de Sud Radio Jean-François Rial, le PDG de Voyageurs du monde.
Des retours parfois longs et compliqués
Pour les personnes concernées, le voyage de retour peut s’avérer particulièrement éprouvant. Les trajets incluent parfois de longues heures de bus vers des aéroports encore ouverts, suivies de vols retardés ou détournés en raison des conditions de sécurité. Les opérations de rapatriement sont rendues difficiles par l’évolution rapide de la situation militaire et par la fermeture ponctuelle de certains espaces aériens. Les autorités doivent donc adapter en permanence leurs dispositifs pour garantir la sécurité des passagers et des équipages.
Inutile en revanche de compter sur l'assurance qui va habituellement avec une carte de crédit haut de gamme. "Si vous comptez sur votre carte de crédit pour vous payer votre vol retour et que vous y arrivez, je vous offre une belle coupe de champagne ! Pour vous situer les choses, nous, on a ce qu'on appelle une assurance complémentaire carte de crédit. C'est-à-dire qu'on dit à nos clients "laissez-moi tomber tout ça, prenez l'assurance annulation générale de Voyageurs du monde. Mais si vraiment vous y tenez, à votre truc de carte de crédit, nous, on pense que ça ne marche pas, donc on va vous compléter, on vous faire payer un truc spécial. Et pire que ça, c'est tellement le cirque chez eux que c'est nous qui gérons la relation avec les cartes de crédit pour l'annulation de nos clients. Franchement, les assurances, leur spécialité, c'est de ne pas payer. Alors, les assurances cartes de crédit, je ne vous en parle même pas", a déclaré Jean-François Rial à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.
Face aux milliers de demandes encore enregistrées, les autorités françaises prévoient de poursuivre les opérations de rapatriement dans les prochains jours. De nouveaux vols doivent être organisés et des solutions alternatives sont étudiées afin d’évacuer les ressortissants dans les meilleures conditions de sécurité. L’objectif est de permettre aux Français qui le souhaitent de quitter la région rapidement, tout en s’adaptant à une situation géopolitique encore très instable.
Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.