Procès des attentats : "Des troubles qui n'existaient plus, un tant soit peu apaisés, risquent de reprendre un peu de vigueur"

Le procès des attentats du 13 novembre 2015 s’ouvre mercredi 8 septembre. Un procès hors-norme qui doit durer neuf mois, pour juger vingt accusés, complices présumés des attentats du vendredi 13 novembre 2015 perpétrés par neuf kamikazes, qui ont fait 130 morts, et 1.300 blessés. L’association Paris Aide aux Victimes a été missionnée pour mettre en place un dispositif de soutien psychologique pour les parties civiles : les victimes pourront être accompagnées et soutenues tout au long du procès.

Le procès des attentats du 13 novembre 2015 s’ouvre mercredi 8 septembre. © AFP

Reportage de Clément Bargain pour Sud Radio

 

"Des troubles qui n'existaient plus, un tant soit peu apaisés, risquent de reprendre un peu de vigueur"

Douze psychologues et 3 accueillants, vêtus d’une chasuble bleue, sont présents dans l’entrée du Palais de Justice jusqu’à la salle d’audience. "Dès l'entrée même, il y a des personnes qui sont inquiètes de voir ce dispositif de sécurité, les policiers en arme, explique Carole Damiani, la directrice de l'association Paris Aide aux victimes. Ça peut être impressionnant, les psychologues et les accueillants seront là tout au long du chemin, de façon à ce qu'il y ait toujours un œil qui soit sur les victimes et qu'elles ne se sentent pas perdues mais accueillies".

La longueur du procès, ses enjeux : les neufs prochains mois s’annoncent éprouvants pour les parties civiles. "Il va y avoir des troubles qui n'existaient plus, qui étaient un tant soit peu apaisés, qui risquent de reprendre un peu de vigueur, reconnaît Carole Damiani. Selon elle, c'est douloureux mais nécessaire".

 

"C'est un questionnement, de savoir comment les victimes vont vivre le procès toutes seules chez elles"

Parmi ces victimes, certaines témoigneront à la barre, avec une particularité dans cette salle d’audience : la disposition du box des accusés : "ça a été conçu pour que les accusés ne puissent pas être vus des victimes et certains trouvent ça gênants, souligne Carole Damiani. Alors que ça a été conçu comme une aide. Pour les parties civiles, c'est un questionnement de savoir s'ils arriveront à parler alors qu'ils sont là pas loin. Il y en a d'ailleurs qui veulent témoigner pour que les accusés entendent".

Certaines victimes ne pourront ou ne souhaiteront pas se déplacer, les débats seront donc retransmis depuis le Palais de Justice de Paris, avec une webradio. Un dispositif inédit et sécurisé, pour permettre aux rescapés et aux familles des victimes de suivre le procès. Mais ce dispositif suscite quelques inquiétudes du côté de l’Association Paris Aide aux Victimes, qui a également mis en place une ligne téléphonique de soutien psychologique. "Pour nous, c'est un questionnement, de savoir comment les victimes vont vivre le procès toutes seules chez elles, confie la directrice de l'association. Dans une salle d'Assises, on voit les personnes qui ne vont pas bien. Là, on n'aura pas cette possibilité, d'où la ligne d'assistance psychologique qui sera là tous les jours d'audience, pour que les victimes puissent prendre contact rapidement".

Autre enjeu pour l'association Paris Aide aux victimes : protéger les parties civiles de l’emballement médiatique : "il ne faut pas non plus s'infliger d'écouter cela tous les jours, il faut faire des pauses", recommande-t-elle.

 

 

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