Gilets jaunes : "La police prend le pouvoir sur la démocratie ! "

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Pascal PAVANI / AFP

L'Observatoire des pratiques policières de Toulouse vient de publier ce mercredi, après deux ans d'enquête, un rapport sur les "nouvelles doctrines des pratiques du maintien de l'ordre". Dans ces 137 pages très critiques, les membres de l'OPP alertent sur le comportement des forces de l'ordre lors des dernières mobilisations des gilets jaunes, en particulier, au cours de ce dernier samedi (acte 22). Comme de nombreux "gilets jaunes", le rapport met en avant l'usage immodéré des LBD, grenades explosives et des gaz lacrymogènes. Christine Bouillot est allée à la rencontre de Pascal Gassiot, membre de l'Observatoire. 

Reportage Sud Radio

Un rapport à charge

Les observateurs, parmi lesquels le syndicat des avocats de France (SAF), des militants de la Ligue des Droits de l'Homme et de la Fondation Copernic, ont dénoncé dans leur rapport une "mise en danger des libertés publiques" et un "maintien de l'ordre disproportionné et dangereux". 

Des manifestations lesquelles, au fil des semaines, seraient devenues du plus en plus virulentes, particulièrement ce samedi, dénonce Pascal Gassiot, membre de l'Observatoire des Pratiques Policière de Toulouse. 

Ce samedi 13 avril, était une journée complètement folle. Dans notre petit monde des observateurs, nous avons appelé cette journée : " la journée de la grenade de désencerclement", tellement les policiers ont utilisé ce type matériel. Il y a eu des dizaines et dizaines de grenades explosives qui projetaient des petits plots à 300km/h dans un rayon de 10 mètres. Il y avait une telle concentration de gaz lacrymogène à certains endroits, qu'il y a des personnes qui s'évanouissaient !

 

 

Loi anticasseur : "On pense sincèrement que ça a donné des ailes à certains policiers!" 

Sept observateurs étaient présents à la manifestation ce samedi à Toulouse. Parmi eux, quatre ont été blessés par des policiers qui ont "pris leur aise", nous confie Pascal Gassiot. 

Quand on connait la capacité des gendarmes mobiles à recevoir des pavés sans broncher ... Nous pensons véritablement que s'ils ont réagi comme ça uniquement pour un jet de canette, c'est qu'on leur avait donné l'ordre de réagir ! 

Samedi était la première journée d’application de la loi anti-casseur. On pense sincèrement que ça a donné des ailes à certains policiers ! On était à la limite de ce que nous appelons un "état policier" . On pense vraiment que la police prend le pouvoir sur la démocratie ! 

"Les gens ne viennent plus manifester parce qu'ils ont peur "

Pour Pascal Gassiot, une chose est sûr, c'est qu'aujourd'hui, les forces de l'ordre veulent générer de la peur, et de l'inquiétude, pour que les gens ne manifestent plus.

La préfecture Haute-Garonne s'insurge !

Dans un communiqué envoyé à la presse, le préfet de la Haute-Garonne dénonce un document qui qualifie le maintien de l'ordre de ''politique policière de répression massive'' :

L'usage de la force par les forces de sécurité intérieure est strictement encadré par la loi qui soumet son usage aux principes d'absolue nécessité et de proportionnalité, c'est-à-dire de réponse graduée au regard des circonstances (...)

L'usage de la force, après sommation ou en cas de légitime défense vise donc à répondre à ces cas limitativement énumérés correspondant à des situations d'émeutes urbaines ou de violences particulièrement graves, afin de garantir tant la sécurité des manifestants ou des riverains que celle des membres des forces de l'ordre.

Face à de tels agissements qui n'ont plus rien à voir avec l'exercice de la liberté d'expression et de manifestation, l'Etat via le préfet, son représentant dans le département, a le devoir de garantir la sécurité de tous, par les moyens les plus appropriés, y compris l'usage de la force

Communiqué de presse

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