Le Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sûreté nucléaire a estimé ce jeudi que les entreprises EDF et Areva avaient manqué de transparence envers le public sur la gestion des anomalies de la cuve du réacteur EPR de Flamanville.

Fin 2014, Areva détecte une concentration excessive en carbone dans l'acier du fond et du couvercle de la cuve, une pièce essentielle, deuxième barrière contre la radioactivité sur un réacteur. Depuis, des tests sont en cours pour vérifier que, malgré cette anomalie, la cuve présentera toutes les garanties de sûreté lors du fonctionnement du réacteur de l'EPR de Flamanville.

Pour le Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sûreté nucléaire a estimé ce jeudi que EDF et Areva avaient manqué de transparence envers le public sur la gestion des anomalies de la cuve du réacteur EPR de Flamanville, dans la Manche.

Le Haut Comité regrette que les deux industriels, EDF en tant qu'exploitant du futur EPR et Areva comme fabricant de la cuve, n'aient "pas expliqué au public l'origine de l'anomalie et l'historique de la conception et de la fabrication de la cuve", dans un rapport publié ce jeudi.

Ce Haut comité regroupe des représentants de tous les acteurs de la filière, ainsi que des associations.

Selon le Haut Comité, si l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a publié sur son site internet les demandes qu'elle a envoyées à Areva, les réponses du groupe nucléaire n'ont pas été publiées, tout comme le dossier rendu fin 2016 par Areva comportant les résultats des essais sur la résistance de la cuve.

Autre constat : EDF et Areva n'ont communiqué aucun des "scénarios alternatifs" envisagés dans le cas où l'ASN rendrait un avis négatif sur l'aptitude au service de la cuve de l'EPR.

L'ASN doit rendre un premier avis début juillet concernant la cuve, après avoir reçu les conclusions de son groupe permanent d'experts qui se réunit les 26 et 27 juin. Elle rendra un avis définitif à l'automne. 

Une décision capitale pour qu'EDF puisse démarrer le réacteur comme prévu d'ici la fin 2018, mais aussi pour Areva, dont la recapitalisation prévue cette année est conditionnée à un avis positif de l'ASN.

"EDF et Areva mettent l'ASN devant le fait accompli: ils refusent de communiquer un plan B pour la contraindre à accepter que l'EPR démarre avec des pièces vérolées", s'est insurgé Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à l'ONG Greenpeace, cité dans un communiqué. 

En revanche, le Haut comité salue les efforts d'information de l'ASN et de son bras technique l'IRSN et notamment le langage "accessible et pédagogique" des informations fournies, sur un dossier technique et complexe.

Contacté, EDF assure communiquer sur ce dossier "à chaque étape ou connaissance d'un fait nouveau", soit directement (site internet, communiqués, etc.) soit en utilisant des "relais d'opinion", comme la presse ou des instances telles que les Commissions locales d'information (CLI).

"EDF réserve et réservera toujours la priorité de ses analyses techniques à l'ASN", ajoute le groupe.

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