Marc Fesneau: "l'outil fiscal n'est pas le seul pour assumer la transition"

Le ministre des relations avec le parlement évoquait ce matin la tribune de 86 députés, notamment de la majorité, qui réclament une fiscalité carbone "juste et lisible". Marc Fesneau a également évoqué la fin de l'A380 (échec d'un modèle, pas d'Airbus dit-il), et le départ d'Alain Juppé pour le Conseil constitutionnel (il en est persuadé: l'ancien maire de Bordeaux fera un "membre éminent" du Conseil constitutionnel).

La fin de l'A380: l'échec d'un modèle, mais pas d'un constructeur

Marc Fesneau a réagit à la fin annoncée des livraisons du gros-porteur Airbus A380 d'ici 2021.

"ça peut arriver dans les aventures industrielles. C'était le gros porteur, le symbole industriel, mais il y a une logique: chaque produit doit trouver son marché, d'autres ventes Airbus marchent très bien. C'est comme dans l'automobile: c'est pas parce qu'un modèle ne se vend pas que ça remet en cause l'ensemble de la marque, même si c'est dommage". 

"Avec une nouvelle taxe, la transition écologique ne serait pas audible"

Le ministre des relations avec le parlement évoque aussi cette tribune signée par 86 députés, qui réclame le retour d'une politique fiscale écologique, plus juste et plus lisible. Une tribune pondérée, reconnait Marc Fesneau, même s'il reconnait ne pas être d'accord avec tout ce qu'il a lu dedans

"Il faut peut-être éviter de dire que la taxe est le moyen chaque fois qu'on veut prendre une direction politique. Le gouvernement et la majorité se sont engagé à ne pas accroître la pression fiscale. Cette tribune écrite par des députés dit aussi qu'il faut sortir de l'écologie vécue comme punitive par les citoyens. Il faudra y travailler après le grand débat, mais si le message consiste à ajouter une nouvelle taxe, ça risque de ne pas être audible. L'outil fiscal n'est pas le seul pour assumer des transitions. Cela passe aussi par des mécanismes d'incitation, et sans doute une trajectoire carbone mieux identifiable, et sans-doute donner des solutions aux gens qui se sentent dans une impasse, qui ont l'impression de ne pas pouvoir se dégager du carbone. La priorité, c'est le logement, les passoires thermiques. Les voitures polluent beaucoup moins qu'il y a une vingtaine d'années."

Alain Juppé, futur "membre" éminent du Conseil constitutionnel

Pas un gage de renouvellement, la nomination d'Alain Juppé au Conseil constitutionnel? Très bon choix, répond Marc Fesneau:

"On les appelle les Sages. Je suis pas sûr qu'il faille être dans l'ère du temps pour être au Conseil constitutionnel. Tout le monde connait le sens de l’État d'Alain Juppé. Une personnalité de cette envergure, qui connait bien les institutions françaises, ça produit des membres éminents du Conseil constitutionnel."

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