éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Politique

Brexit : un nouveau vote possible ?

Au moment où les négociations sur le Brexit sont dans une impasse, plus d’un demi-million d’anglais ont défilé samedi pour réclamer un nouveau référendum.

C’est la plus grande manifestation que Londres ait jamais connue depuis la guerre en Irak. Près de 600.000 britanniques ont défilé en agitant des drapeaux européens. Les slogans étaient sans ambiguïté : on entendait : "Arrêtez le Brexit", "le Brexit est mauvais" ou encore "j’ai 16 ans et le Brexit a volé mon avenir". Cela intervenait au terme d’une semaine marquée par des négociations très difficiles entre Theresa May et le Conseil Européen. A tel point que l’hypothèse d’un "no deal" - c’est-à-dire d’un Brexit sans accord – est sur toutes les lèvres.

Mais alors est-ce possible de voir les britanniques voter à nouveau sur ce sujet ? Eh bien oui, c’est toujours possible. On en a parlé dés le premier réferendum et la démission de David Cameron. Ce qui est certain, c’est que Theresa May, la première ministre, est totalement opposée à cette éventualité. Elle qui a fait campagne il y a deux ans contre le Brexit se veut désormais inflexible. Elle reste convaincue qu’un accord avec Bruxelles peut être trouvé d’ici le mois de mars. Ce dont doutent désormais, non seulement les britanniques, mais aussi les milieux économiques – notamment à la City – et surtout, ses propres amis du parti conservateur.

Et puis imaginons qu’il y ait un nouveau référendum. Vous vous souvenez qu’en juin 2016, 52 % des britanniques avaient voté oui au Brexit. Pour des raisons très différentes autant de politique intérieure que de politique extérieure. Aujourd’hui les sondages donnent un résultat très différent. Puisque 53 à 55 % des britanniques voteraient en faveur du "Remain", c’est-à-dire contre le Brexit. Mais vous l’avez compris pour qu’un tel vote ait lieu, il faut que Theresa May soit débarquée. Or qui prendrait sa place ? Très probablement Boris Johnson, l’ancien Maire de Londres qui est un fanatique du Brexit.

Il y a donc deux issues. La pire, c’est effectivement un no-deal, notamment à cause de la question irlandaise, car l’Europe ne veut pas que l’on installe 1.400 kms de frontières entre les deux Irlande. Et puis parce qu’il commence à être bien tard pour négocier des accords sur la libre circulation des citoyens et des marchandises. Et puis la moins pire, ce serait de décaler d’un ou deux ans la date du Brexit afin de négocier une sortie sans trop de dégâts. Mais Michel Barnier le négociateur européen ne veut pas décaler les échéances. C’est peut-être une question de posture. Car la sagesse voudrait que tout le monde évite une solution de blocage.

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