éditorial

L'édito de Christophe Bordet

Christophe Bordet ©Anthony Ghnassia
Economie

Bercy refuse de ralentir la croissance des centres commerciaux au détriment des petits commerces

Christophe Bordet évoque aujourd'hui la disparition des petits commerces de centres ville au profit des centre commerciaux, dont la croissance est encouragée par Bercy.

Les petits commerces des centres villes disparaissent les uns après les autres et les décisions du gouvernement ne vont rien arranger car Bercy refuse de ralentir la croissance des centres commerciaux. Le ministère de l'Économie l'a confirmé en fin de semaine dernière, il n'y aura  pas de moratoire sur l'installation des grandes surfaces à la périphérie des villes. Résultat : 980 000 m² de centres commerciaux vont être autorisés d'ici la fin 2018 dans notre pays, histoire de les défigurer un peu plus et d'accélérer la mort des petits commerces.

Avec ces centaines de milliers de m² supplémentaires attendus, la France est le pays qui permet le plus d'installation de centres commerciaux et de grandes surfaces. Raison invoquée par Bercy : la liberté de commerce est un droit fondamental garanti par la constitution et par l'Europe. Problème, les résultats de ces zones commerciales XXL encouragées par Le Maire, Darmanin et Griveaux ne cessent de diminuer. Sur les six premiers mois de l'année, Auchan par exemple a annoncé des ventes en baisse de 7% et selon plusieurs études, les Français sont moins attirés qu'auparavant  par ces grands magasins,  se tournant petit à petit vers une consommation plus responsables et meilleurs pour la santé, c'est d'ailleurs, peut être grâce à cela que les petites surfaces peuvent avoir l'espoir de renaître, un jour.

Cette décision d'accroître les grandes surfaces parait incohérente face à la baisse de fréquentation. C'est un fait , mais il faut se dire que cela sert sans doutes quelques intérêts. Si l'on en croit, Martine Donette, ex commerçante auteur d'un livre intitulé " Seule face aux Géants." les expansions et les extensions de la grande distribution ne se font pas dans les règles et ne respectent pas la déontologie du commerce. La plupart des dossiers comprennent des fraudes. La réglementation n’est pas respectée.

Les services préfectoraux ne sont pas assez vigilants à la réception des dossiers pour refuser ceux qui sont mal montés. Une fois ces dossiers acceptés, ils permettent de frauder sur les plans locaux d’urbanisme et les plans de prévention des risques. Si la grande distribution payait toutes ses infractions, l’association "En toute Franchise", qui lutte contre les abus des grandes surfaces, estime qu’elle devrait payer 418 milliards d’euros. Cette somme se justifie par le nombre de mètres carrés qui ont été dénoncés aux préfets, aux instances et aux mairies.

La grande distribution aurait plus de quatre millions de mètres carrés de surface illicite. Il faut savoir qu’un m² illégal est puni de 150 euros par jour d’infraction.

Bref , pour l'instant l'état ferme les yeux et continue le dépeçage des centres villes, parions que tout ça aura peut être un jour, une fin.

>> L'intégralité de la chronique est disponible en podcast

 

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