Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le grand matin week-end, 7h-10h, Maxime Liedot.
- Il est 7h48 sur Sud Radio et on vous explique ce matin, c'était le sujet de notre débat hier au 0826-300-300, cette tendance peut-être à l'hyper-vigilance et à la paranoïa depuis l'affaire Liana et avec cette volonté de vouloir à tout prix suivre, tracer, surveiller ses enfants.
- Bonjour Yann Brunat.
- Bonjour, bien sûr, ça, ça sera, pardonnez-moi, le deuxième sujet, 7h48, d'abord, on est au courant de la planète et on se tient au courant de la planète avec vous, mon cher Nicolas Perreira, bonjour.
- Bonjour Maxime.
- Ce matin, vous allez nous parler d'alimentaire et d'alimentation plus précisément, avec le gaspillage alimentaire, c'est bien ça ? Tout à fait, ce matin, on ouvre le frigo et les rayons des supermarchés, les entrepôts logistiques parce qu'il s'y cache une montagne de nourriture qui, malheureusement, finit à la poubelle.
- Les chiffres donnent le vertige.
- En France, en 2023, 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produits, avec parmi eux 3,8 millions qui étaient malheureusement encore comestibles.
- Donc c'est des produits abîmés, des restes, des invendus qui sont parfaitement consommables.
- Et c'est l'ADEME qui nous donne ces chiffres.
- Le chiffre fort du jour, il est à l'échelle européenne et il vient d'Eurostat, qui est l'agence officielle des statistiques de l'Union.
- En Union européenne, le gaspillage alimentaire représente près de 132 milliards d'euros par an pour 59 millions de tonnes de déchets alimentaires.
- 132 milliards d'euros qui sont jetés, brûlés ou enfouis le plus souvent.
- Côté climat, l'impact n'est pas négligeable non plus.
- Selon l'ADEME, le gaspillage alimentaire représente, pour tous les secteurs confondus en France et sur une année, une perte d'un peu plus de 15 millions de tonnes équivalent CO2.
- C'est presque 3% de notre empreinte carbone nationale pour de la nourriture qui termine à la poubelle.
- Mais la bonne nouvelle, c'est que tout ce gaspillage n'est pas une farce.
- C'est une fatalité et c'est même, pour certains, devenu un métier, notamment pour une entreprise bordelaise.
- Et ces chiffres sont en effet préoccupants, notamment quand on rentre dans le détail comme vous venez de le faire.
- Mais ce gaspillage n'est pas forcément une fatalité, mon cher Nicolas.
- Et c'est pour ça que vous nous amenez à Bordeaux pour lutter contre le gaspillage avec une entreprise qui a décidé vraiment d'en faire le cœur de son activité.
- Absolument. Direction Bordeaux où en 2013, Pierre-Yves Pasquier fonde Commercaux avec une idée assez simple, presque évidemment évidente avec le recul.
- Et si, au lieu de jeter leurs invendus, les entreprises parvenaient à les donner ? Mais cela facilement, rapidement et sans complexité administrative.
- Alors, Commercaux s'est spécialisé dans ce qu'on appelle la logistique du don.
- Elle récupère les invendus non périmés et des grandes enseignes de distribution.
- Concrètement, l'entreprise développe une solution à la fois numérique et logistique qui connecte les entreprises à un vaste réseau de plus de 1 500 partenaires associatifs qui distribuent ensuite ces produits.
- Et c'est ce qu'on appelle la logistique du don.
- L'idée centrale, c'est ce que Commercaux appelle elle-même la triple performance, un triple impact, un social, environnemental et économique.
- Social d'abord parce que ce sont des associations d'aide alimentaire qui récupèrent ces produits.
- Environnemental parce que des tonnes de nourriture évitent la benne.
- Et enfin économique parce que les entreprises réduisent leurs coûts de gestion des déchets et bénéficient d'avantages fiscaux liés aux dons.
- Et la philosophie de l'entreprise est allée encore plus loin puisque Commercaux est aujourd'hui labellisé Bicorp et s'est constitué en société à mission.
- Ce qui est un peu le cas pour les entreprises.
- Ce sont des statuts qui l'engagent juridiquement à poursuivre un objectif social et environnemental et pas seulement celui de la rentabilité.
- Est-ce qu'avec ces 10 ans de recul, on peut dire que l'entreprise a réussi à avoir un impact à grande échelle ? C'est-à-dire, c'est un peu la question à chaque fois dans votre chronique Nicolas, est-ce que ça marche ? Eh bien les résultats, parlons-en parce qu'ils sont concrets, cumulés, vérifiables comme toujours.
- Début 2025, donc assez récemment, Commercaux a publié son bilan en 2024.
- Donc à peu près.
- Il y a 10...
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