Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le grand matin week-end, 7h-10h, Maxime Liedot.
- Il est 7h46 et comme dit chaque dimanche matin, on va faire un tour du côté de la planète avec vous Nicolas Pereira, bonjour.
- Bonjour Maxime.
- Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, le rendez-vous est domadaire, comme d'habitude où on va évoquer avec vous les solutions concrètes qui participent à la transition écologique.
- Et ce matin, vous allez nous parler d'eau et notamment du risque de manquer d'eau et de sécheresse.
- Comment c'est peut-être, et commençons comme d'habitude, par faire un tour des enjeux en ce qui concerne le manque d'eau en France ? Alors ce matin, effectivement, on parle d'eau, de cette ressource que l'on croit abondante, inépuisante, inépuisable, évidente, jusqu'au jour où elle manquait.
- Au printemps 2025, par exemple, le BRGM, Bureau de Recherche Géologique et Minière, nous disait que 75% des nappes phréatiques françaises étaient en baisse.
- La période de vidange avait débuté plus tôt.
- Dès février, sur la plupart des nappes réactives, ce sont celles qui alimentent nos rivières, nos puits, nos robinets.
- Et dans le roussillon, certaines zones risquent un état de sécheresse chronique d'ici quelques années.
- Alors même si cette année, la situation hydrique s'est améliorée, que le risque s'est éloigné à long terme, il faut tout de même s'y préparer.
- Et voilà le chiffre qui fait vraiment mal.
- Chaque année en France, près d'un milliard de mètres cubes d'eau potable sont perdus sur les réseaux de distribution.
- Un milliard de mètres cubes.
- Concrètement, pour 150 litres d'eau quotidiennement consommée en France, plus de 37 disparaissent dans la nature à cause des fuites sur les canalisations.
- C'est un litre sur cinq pompé, traité, purifié, qui est perdu avant d'arriver à nos robinets.
- Autrement dit, pendant que l'on débat de sobriété hydrique, que l'on demande aux agriculteurs de réduire leurs prélèvements, que l'on interdit l'arrosage des jardins l'été, nos tuyaux fuient en silence, sous nos pieds, en raison de 20 à 25% de la production nationale.
- Et dans certains territoires, c'est près de 50% qui sont perdus.
- Ces chiffres sont absolument considérables, ils sont même immenses, et questionnent forcément sur nos priorités.
- Mais j'imagine Nicolas que cette réalité ne doit pas être si facile à combattre, ou en tout cas que des solutions n'existent pas forcément à grande échelle.
- Et oui, parce qu'on peut se demander légitimement pourquoi est-ce qu'on laisse ces fuites.
- En fait, c'est simplement que c'est très coûteux de trouver ces fuites, donc les traités n'est pas une priorité.
- Mais en 2019, l'entreprise Likmitide a mis au point une technologie.
- Si simple dans son principe qu'elle est redoutablement efficace dans ses résultats.
- L'idée, c'est d'utiliser l'intelligence artificielle, la fameuse, pour savoir, avant même d'envoyer une équipe sur le terrain, exactement où se trouvent les fuites, dans un réseau d'eau.
- L'algorithme de l'entreprise a été entraîné à détecter plus de 600 000 fuites sur 300 000 km de réseau.
- Il analyse les données cartographiques du réseau, l'historique, les interventions, l'âge des canalisations, la nature des matériaux, etc.
- Et il identifie automatiquement les zones à risque.
- Cette combinaison permet d'identifier avec précision les 30% du réseau qui consentent 80% des fuites, selon l'entreprise.
- Résultat, au lieu d'arpenter des centaines de kilomètres au hasard, ce qui coûte évidemment cher, les équipes interviennent là où l'IA les envoie, le temps de recherche est divisé, les coûts sont réduits, et surtout, les fuites sont trouvées.
- C'est une bonne découverte, Nicolas.
- Quels sont les résultats que l'entreprise a obtenus ? Est-ce qu'on arrive à économiser de l'eau à grande échelle avec cette solution ? Les preuves, oui, comme toujours, Maxime, parlons-en.
- Elles sont concrètes, territoire par territoire.
- Le plus impressionnant, en 2024, la région du Grand Paris Sud a fait appel à l'ICMITID.
- En deux campagnes, l'algorithme a audité 520 kilomètres de réseau, identifié 58 particulièrement difficiles à détecter par les méthodes traditionnelles.
- Bilan, 2 millions de mètres cubes d'eau préservées, soit la consommation de 3500 foyers annuellement.
- En termes financiers, l'économie réalisée atteint 1,4 million d'euros pour une prestation qui a été facturée.
- Entre 100 et 120 000 euros.
- Le retour sur investissement d'un pour douze.
- D'autres exemples en France ont permis d'économiser des quantités...
Transcription générée par IA