Retranscription des premières minutes :
- La Caisse d'épargne Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio.
- Parlons femmes, Judith Belair.
- Parce que chaque femme qui s'impose fait avancer les autres.
- Parlons femmes sur Sud Radio, c'est maintenant. Bienvenue les amis.
- A l'heure où le mouvement MeToo a profondément bouleversé notre rapport aux violences faites aux femmes, une question reste souvent dans l'angle mort.
- C'est celle de la place des hommes dans ce combat.
- C'est précisément là que le travail de Sarah Baruc prend toute sa force.
- C'est ça. Écrivaine, activiste, présidente de l'association 125 et après.
- Vous ne venez, Sarah, aujourd'hui avec votre dernier livre, Les hommes non plus n'aiment pas les cons.
- Et le sous-titre, c'est Et le féminisme ne se fera pas sans eux.
- Puis il y a aussi marqué 60 hommes et des milliers d'alliés aux côtés des femmes.
- C'est important. C'est chez HarperCollins et c'est un regard différent comme on les aime.
- Bienvenue dans Parlons femmes, Sarah Baruc.
- Merci.
- Avec plaisir.
- Sud Radio, Parlons femmes, Judith Belair.
- Alors Sarah, Parlons femmes vous pose des questions.
- Vous êtes prête ? Toujours.
- Quelle femme vous fait rêver ? Pardon, je n'ai pas...
- Quelle femme vous fait rêver ? Parce que tu es moyen prête.
- Simone Veil.
- Ouais. Il y a quelle ? Ouais.
- Pourquoi ? Il y en a d'autres quand même ? Oui, il y en a d'autres.
- Mais j'aime le fait qu'elle ait fait à ce point des actions qui ont permis aux femmes de changer de vie.
- Aux hommes aussi, quelque part, de changer de vie.
- Et qu'elles ne se revendiquent pas du tout militantes.
- Oui.
- Et ça, je trouve ça intéressant.
- Comme quoi, pour elles, le féminisme, c'est un travail.
- Bien sûr, c'est vrai aussi.
- Et ça, ça vous correspond comme idée, en fait ? La manière dont vous vous placez dans votre combat vous-même ? Oui, parce que finalement, tant qu'on en fait quelque chose de politique, on clive la société.
- Tant que finalement, on donne au féminisme une couleur politique ou une couleur défensive pour continuer à s'opposer à l'autre bord, etc., on exclut les victimes.
- Et on donne l'impression que c'est juste des considérations.
- Alors, des considérations politiques et importantes, certes, mais que ce n'est pas central pour la sociologie.
- C'est moins écoutable, quoi.
- Voilà.
- Et puis, du coup, on sort aussi des solutions très pragmatiques.
- Finalement, ce qu'a fait Simone Veil, c'est d'arriver avec un projet de santé.
- C'est vrai.
- Un projet social.
- Je rappelle que l'avortement n'existerait pas.
- Enfin, la possibilité d'avorter, en tout cas en France, n'existerait pas si Simone Veil n'était pas mêlée.
- Oui, exactement.
- Et puis, il y a eu Gisèle Halim derrière aussi, quand même, très importante.
- Bien sûr.
- Pour faire appliquer.
- Est-ce qu'il y a un moment de doute qui vous a vraiment transformée, Sarah ? Oui, je dirais peut-être mon premier avortement.
- Oui, vous en parlez dans le livre, d'ailleurs.
- J'en parle.
- En fait, j'ai eu l'impression de devoir faire le choix entre la femme que je voulais être et celle que j'étais vraiment.
- Que finalement, je rêvais d'être maman ou en tout cas, peut-être que je rêvais de correspondre à ce qu'on attendait de moi.
- Et ma grand-mère a eu ma mère à 24 ans.
- Ma mère m'a eu à 24 ans.
- Je suis tombée enceinte à 23 et je devais accoucher à 24.
- Et je me suis dit, en fait, là, est-ce que ce n'est pas maintenant que je renonce à tout ce qu'on attendait de moi ? Et finalement, c'est un peu une première décision de liberté.
- C'est un choix, quoi.
- C'est un premier choix.
- Je ne l'ai pas perçu.
- Je ne l'ai pas perçu comme ça tout de suite.
- Mais je dirais qu'avec le temps, je comprends mieux mes choix ou mes non-choix ou mes incapacités.
- En fait, à ce moment-là, j'étais incapable de garder cet enfant seul.
- J'étais incapable d'affronter ce qu'on me faisait passer pour une trahison.
- Parce que le père avec qui j'étais restée très longtemps et qui était parti voir ailleurs, finalement, ne voulait plus de cette relation.
- Et donc, garder cet enfant signifiait le garder malgré lui.
- C'était lui imposer.
- Et donc, j'avais l'impression...
Transcription générée par IA