Retranscription des premières minutes :
- La Caisse d'épargne Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
- Bonjour, bonjour, bienvenue dans Parlons Femmes sur Sud Radio, parce que quand les femmes parlent, vous le savez, le monde avance.
- Claudine Le Tourneur, disons, est une de ces auteurs qui font dialoguer le passé avec les grandes interrogations de notre présent.
- Historienne, égyptologue, lauréate du prix Diane Potier-Boëz de l'Académie française.
- Elle s'est imposée avec son œuvre consacrée aux figures et aux lieux qui ont façonné notre rapport au savoir, à la mémoire, au pouvoir.
- Claudine, vous nous venez aujourd'hui avec votre dernier ouvrage, c'est la Bibliothèque d'Alexandrie, la première intelligence du monde.
- C'est à sortir le 22 janvier aux éditions du CERF, c'est un livre passionnant qui nous ouvre les portes des premiers savoirs.
- Et puis ça continue, et c'est ça, c'est sympa aussi. Bienvenue dans Parlons Femmes, Claudine Le Tourneur, disons.
- Merci beaucoup.
- Avec plaisir.
- Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
- Parlons Femmes vous pose des questions, Claudine Le Tourneur, disons. On commence par la première.
- Quelle femme incarne le courage sans compromis pour vous ? Alors sans hésiter, je dirais Christiane Desroches-Neublecourt, qui est une de mes héroïnes, enfin l'héroïne sur laquelle j'ai écrit une biographie, qui était mon professeure à l'école du Louvre aussi.
- Donc j'ai eu cette chance d'avoir cette grande dame comme professeure et comme mentor en quelque sorte.
- Et oui, c'est une femme qui a eu un courage inouï, qui s'est battue contre le monde entier, contre les hommes, contre la société, contre toutes les traditions, pour pouvoir s'imposer là où elle était en fait, ou là où elle a fait toute sa vie.
- C'est une pionnière en plus.
- C'est une pionnière en égyptologie, parce qu'à l'époque, elle est née en 1913, et donc à 20 ans, en 1932-33, elle n'était pas du tout admise dans cet univers d'hommes au Louvre.
- Oui.
- Donc elle a bataillé, elle a bataillé très très dur, elle avait une personnalité absolument incroyable, et elle me disait qu'elle s'était forgée cette personnalité justement parce qu'elle avait dû se battre.
- Et cette façon de se battre et d'aller à l'encontre de toutes les barrières, et de renverser tout ce qu'on pouvait mettre sur sa route, lui a permis de sauver les temples de Nubie.
- Bien sûr.
- Et cette bataille de 20 ans qui est...
- Elle a consacré 20 ans de sa vie à cette bataille qui a été exceptionnelle, et sans elle, les temples...
- Et elle vous a donné le goût, on imagine, de l'égyptologie ? Alors, ce n'est pas elle qui m'a donné le goût de l'égyptologie, parce qu'en fait, c'est une passion d'enfant.
- Ah bon ? C'est un rêve de petite fille.
- C'est un rêve de petite fille.
- On adore.
- Comment vous avez découvert ça ? Par un instituteur, je crois, ou un professeur.
- Je ne sais plus en quelle classe, je ne sais pas, en sixième, on découvre les trois grands...
- Les trois grandes civilisations grecques, romaines et égyptiennes.
- Et moi, j'ai retenu que l'Égypte...
- Et pendant toute mon adolescence, je ne rêvais que d'Égypte.
- Et quand j'ai eu mon bac, je...
- Vous y êtes partie ? Je suis partie, je suis venue à Paris, parce que j'habitais en province.
- Je suis venue à Paris pour aller à l'école du loup.
- C'était mon rêve, l'école du loup.
- Alors, ma chère Claudine Le Tourneur, disons, est-ce que vous avez déjà dit non pour pouvoir dire oui, ensuite, en tant que femme ? Ah...
- Bonne question.
- Ben oui, de toute façon, oui.
- J'ai envie de dire que ça fait un peu partie de notre langage féminin.
- Absolument.
- Obligatoirement, en fait.
- Oui, mais de toute façon, très souvent, pour pouvoir...
- C'est ce que faisait très bien Desroches Noblecourt, qui était une grande diplomate.
- Elle savait très, très bien comment naviguer dans cet univers masculin qui était très rude et très dur.
- Et c'est vrai que nous, en tant que femmes, on a très souvent...
- On est très souvent obligées de prendre un petit peu de recul.
- Bien sûr.
- De mettre sa fierté dans sa poche pour ensuite lui permettre de s'épanouir beaucoup mieux par la suite.
- Bien sûr.
-...
Transcription générée par IA