Retranscription des premières minutes :
- Et bonjour à vous, Rémi Flachère. Oui, bonjour. Vous m'entendez ? Oui, je vous entends, Rémi Flachère. Bonjour. Vous êtes étudiant, mais aussi cofondateur du site, je vais le dire mieux, c'est « Aider-les-commerçants-au-pluriel.fr ». Rémi Flachère, cette troisième journée de mobilisation s'ouvre. C'est les commerçants qui redoutent de nouvelles violences, de nouveaux pillages. Ce sont des choses qui peuvent se reproduire face aux casseurs. Des jeunes décident de retrousser leurs manches pour aider les victimes. Vous êtes trois étudiants. Vous avez créé cette plateforme gratuite de solidarité. Vous avez 24 ans.
- Comment est née cette idée, Rémi Flachère ? Cette idée, elle est née après les manifestations du 17 octobre. On a été tous les trois touchés par les vidéos de pillages et de saccages des magasins et des différents commerces.
- Et on s'est dit qu'on pouvait éventuellement aider à notre échelle. Donc on s'est rapidement mobilisés pour essayer de créer un site Internet le plus rapidement possible. Et on a été assez surpris de voir qu'on n'était pas les seuls à vouloir aider et que beaucoup, beaucoup de volontaires se sont inscrits dès le début du site, notamment des étudiants. Et donc c'est comme ça qu'est née l'initiative, dès la semaine qui a suivi le 17 octobre.
- Alors votre plateforme, concrètement, comment est-ce qu'elle fonctionne, Rémi ? C'est un commerçant.
- Si je suis un commerçant, par exemple, ma boutique a été pillée, qu'est-ce que je fais ? Je vous contacte et vous m'envoyez des bénévoles ? Comment ça marche ? Vous ne me contactez pas directement. Vous pouvez directement aller sur la plateforme. Oui, sur la plateforme, j'ai compris.
- Allez sur « Commerçant ». Et vous pouvez rentrer les informations de votre commerce et publier différentes missions.
- Ces missions, ça peut être aussi bien du nettoyage, du bricolage, de la logistique que de la communication à la réouverture, de l'aide administrative.
- Pour contacter les assurances, éventuellement poser des panneaux en bois sur les vitrines. Donc ça peut être très, très large au niveau de l'aide demandée.
- Ah oui. On choisit un créneau et on demande un certain nombre de volontaires. Les volontaires reçoivent une notification s'ils les ont activés dans leurs paramètres.
- Et ils peuvent s'inscrire directement à la mission. Et vous, en tant que commerçant, vous pouvez les accepter et planifier ainsi la mission.
- Merci.
- Vous étiez photographié avec vos camarades dans un salon de coiffure vous m'arrêtez si je dis une bêtise parisien qui était dévasté, vu les photos.
- Racontez-nous la rencontre avec la propriétaire. Je crois qu'elle s'appelle Vanessa. Dans quel état avez-vous trouvé son salon ? Quand on est arrivé pour aider Vanessa, son salon a été encore en bonne partie très endommagé, il faut le dire. Elle avait pu réouvrir.
- Elle avait déjà...
- Elle avait déjà eu un petit peu d'aide avant et avait réussi à nettoyer une partie. Elle était très heureuse de nous recevoir.
- J'imagine.
- Simplement parce que ça fait plaisir, en fait, sans se rendre compte. Mais les commerçants ont surtout... Enfin, ont aussi besoin de discuter, parler, pouvoir se sentir face à eux, en fait.
- Et c'était très touchant de pouvoir la rencontrer. Nous, de notre côté, on a quand même pu aider avec...
- Avec les vitres et beaucoup de choses qui étaient cassées au sous-sol, qui n'étaient pas forcément directement dans le magasin.
- Et bien sûr, on avait une partie qui avait été cassée au-dessus, qu'on a mise dans des sacs poubelles. On pouvait pas tout jeter pour les assurances.
- Mais on a pu comme ça faire un bon nettoyage et aider à notre échelle.
- Et oui, parce qu'il faut se renseigner avant. C'est ce que vous faites, évidemment, pour savoir qu'est-ce qui est utile pour ces déclarations d'assurance.
- Rémi Flachère, combien d'inscriptions enregistrées ? 900 inscriptions à peu près sur le site et une trentaine de commerces.
- 900 ? 900 volontaires. 9 secondes volontaires et 30 commerces à peu près.
- Les étudiants comme vous, bénévoles, qui intervenez, est-ce que vous êtes également manifestant ? C'est une question que je me suis posée en préparant cet entretien.
- Très bonne question. Personnellement, non.
- Mais je comprends totalement les revendications de certains lycéens vis-à-vis de Parc-en-Sucre,...
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