Retranscription des premières minutes :
- Aurélie, bonjour. Oui, bonjour.
- Nous avons le plaisir de vous retrouver ce matin. Vous nous aviez appelé il y a tout juste une semaine. C'était au lendemain des premières manifs du 17. Votre mari est policier à Clermont-Ferrand. Vous nous aviez raconté votre inquiétude face aux violences auxquelles il est confronté dans l'exercice de son métier. Il était de nouveau mobilisé hier, Aurélie, votre mari. Comment s'est passée la journée ? On va dire... Enfin, je sais même pas si on peut dire plus calme. Mais moi, du moment où on est là pour casser, enfin, la police et faire des dégradations, pour moi, ça se passe pas bien. Donc hier, ils ont eu le droit aussi à des pierres, enfin, comme la semaine dernière, quoi. Il n'y avait pas de dégradation, enfin pas beaucoup de dégradation de, on va dire, de magasins, parce qu'ils avaient pris les dispositions. Mais enfin, la police s'est quand même fait encore caillasser.
- Oui, caillassé. Je sais qu'il y a eu un blessé hier à Clermont-Ferrand. Est-ce qu'il vous a raconté ce qu'il a vécu sur le terrain ? Non, pas du tout. Et puis...
- Moi, je suis commerçante. Donc moi aussi, j'avais peur que ça se déplace, que je suis pas dans Clermont même. Et j'avais peur. Mais au final, nous, on n'a rien eu du tout.
- Vous êtes commerçante... J'étais vraiment concentrée dans Clermont-Ferrand. Oui.
- Qu'est-ce que vous avez... Quel type de commerce, Aurélie ? Alimentaire.
- Alimentaire. Donc oui, j'imagine que vous avez la boule au ventre, vous aussi, avec ces manifestations qui virent aux violences en fin de cortège.
- Quand il part, votre époux, dans quel état d'esprit est-il ? On va dire pas très bon.
- Parce que la police, aujourd'hui, ils ont aucun soutien de la hiérarchie. Normalement, quand il arrive des choses comme ça, il faudrait que les personnes au-dessus fassent bloc avec les policiers.
- Sauf que là, la hiérarchie ne fait pas du tout bloc avec eux. Ils se retrouvent un peu, on va dire, démunis, quoi. Ils font ce qu'ils peuvent.
- Et moi, aujourd'hui, ce qui me pose problème encore, c'est sur les réseaux sociaux. Comme on a parlé la semaine dernière, la police tue, la police...
- Sauf qu'il y a dans certaines villes où les manifestations étaient...
- C'est interdit. Ils sont là pour faire appliquer les ordres. Quand c'est interdit, je vois pas le... Enfin, pourquoi on y va ? C'est interdit. C'est le mot interdit qui pose problème, aujourd'hui.
- Oui. C'est vrai que ce sont des décisions administratives qui ne sont pas respectées. C'était le cas à Lyon, notamment. Ces accusations... Vous arrivez à lire encore les réseaux sociaux, Aurélie, où vous l'interdisez ? Je regarde de temps en temps. Parce que pour moi, ce qui se passe en France depuis la semaine dernière, c'est quand même grave. Et je comprends pas qu'un État comme nous ne peut pas être plus ferme.
- Alors je me dis, est-ce que c'est une volonté politique ? Je ne sais pas. Quand on entend le ministre de l'Intérieur dire « Oh bah ça va, ça s'est plutôt bien passé », bah non, pour moi, ça s'est pas bien passé.
- Non. Bah non, ça s'est pas bien passé. Hier, j'ai regardé les infos. Quand on voit les policiers qui prennent des... Ils arrivent à enlever du mobilier urbain des barres en métal qu'on leur lance dessus, moi, c'est pas normal.
- Moi, je me dis « Non, ça s'est pas bien passé ». Votre mari, pour vous, il part à la guerre, en quelque sorte, dans les rues. Ah mais aujourd'hui, c'est ça. Oui, c'est ça. C'est ça.
- Oui. Et c'est toujours...
- C'est toujours la même population. Il y a eu... J'ai vu des vidéos où ça s'est bien passé. Ils avaient de la musique, ils défilaient. La police leur fait rien. Ils sont tranquilles, ils sont pacifistes.
- Là où on entend « La police tue », c'est ceux qui dégradent, qui leur caillassent, ils leur lancent des cailloux. Et pour moi, ça devrait être tolérance zéro.
- Oui. Oui. On veut essayer de faire prendre le parti à dire « Oui, ça bénéficie au Front national ». Mais on...
Transcription générée par IA