Retranscription des premières minutes :
- Et nous sommes avec vous pour débuter cette matinée, Yassine El-Kadhim. Bonjour. Bonjour. Merci de m'inviter.
- C'est un plaisir. Nous sommes avec vous à Carcassonne. Vous êtes cofondateur et porte-parole du collectif Nous Carcassonne, mouvement citoyen qui veut combattre les idées d'exclusion. C'est un petit peu comme ça qu'on pourrait vous définir, Yassine El-Kadhim ? Oui, tout à fait. C'est un mouvement citoyen qui rassemble celles et ceux qui se retrouvent sous les bannières de certaines grandes valeurs, l'humanisme, le progressisme, la lutte contre toutes les formes de discrimination, et puis cette idée qu'en société, il y a certaines libertés, certains droits auxquels on ne s'attaque pas, quoi. Vous êtes un mouvement de lycéens, étudiants, mais au-delà, non ? Alors c'est un mouvement qui est administré par des jeunes, des lycéens, des étudiants, mais auxquels peuvent contribuer des citoyens plus largement.
- Yassine El-Kadhim, malgré tout, il y a un principe de réalité, vous appelez à nouveau à manifester aujourd'hui. Après les violences survenues le 17 octobre, il y a une semaine, est-ce que vous ne craignez pas que la situation dégénère une nouvelle fois ? Alors deux choses. D'abord, nous, dans mon département, dans l'Aude et à Carcassonne, on n'a pas connu de violence.
- En réalité, ces violences, elles sont marginales en l'espèce, c'est-à-dire qu'elles ne touchent pas l'ensemble du mouvement.
- Certes, il y a eu des violences, il faut les condamner, on les condamne, mais elles n'ont pas touché l'ensemble du territoire, l'ensemble des mobilisations, et l'ensemble des manifestants ne sont pas des casseurs et des pilleurs. Donc nous, on n'a jamais eu de problème de violence sur notre territoire, et c'est logique que l'appel à la mobilisation se poursuive. Par ailleurs, nous, on met tout en place aussi pour que le dialogue puisse avoir lieu, c'est-à-dire qu'on a appelé les autorités à ouvrir le dialogue. Le gouvernement a refusé d'ouvrir le dialogue pendant de très nombreuses semaines, je vous rappelle, qui a mis dix jours avant de recevoir les organisations syndicales et lycéennes. Et puis maintenant, on est entré dans un jeu où, en fait, c'est la politique répressive et autoritaire qui cherche à faire taire un mouvement, un mouvement qui ne fait que grandir par la colère sociale. Maintenant, si on a les travailleurs, si on a les agriculteurs, les retraités à nos côtés, c'est parce qu'il y a une vraie colère sociale dans le pays et parce qu'il y a des gens qui n'arrivent plus à vivre dignement dans ce pays.
- Bien sûr. Yacine El Khadim, est-ce que vous ne pensez pas que cette mobilisation arrive un peu tard dans le quinquennat ? Et c'est un double quinquennat, je vous le rappelle, alors que nous avons une élection présidentielle dans moins de six mois.
- Vous savez, le calendrier des élections, des échéances électorales, il ne concerne pas directement les mouvements sociaux. Ça, c'est une affaire de parti.
- Comment ça, une affaire de parti ? Je vous arrête, Yacine El Khadim, il ne faut pas vous laisser dire ça.
- Excusez-moi.
- Vous avez 42 millions d'électeurs. C'est une affaire de citoyens plus que de partis.
- Oui, oui. Mais ce que je veux dire, c'est que quand on travaille pour l'intérêt général, quand on est responsable politique et qu'on travaille pour l'intérêt général, et que nous, en tant que citoyens, on voit que la seule réponse face à ce mouvement social qui est d'une ampleur historique, la seule réponse, c'est en fait une dispute entre candidats, entre partis qui ne cherchent pas à répondre de façon politique à ce mouvement social, mais qui cherchent en fait à jouer en quelque sorte un premier tour d'élection présidentielle. Alors, on nous parle d'instrumentalisation, on nous parle de programmes qu'on va mettre en place.
- Je ne vous parlais pas, je ne disais pas que vous étiez instrumentalisés. Je vous crois sincère.
- Il n'y a pas de souci là-dessus. Ma question, c'était juste le tempo de ces manifestations. Je m'interroge. C'est légitime.
- Il y a un débat à avoir aujourd'hui sur quel choix de société pour après 2027, puisqu'il y a une élection majeure, celle du prochain ou de la prochaine président de la République.
- C'est pour ça que je vous...
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