Retranscription des premières minutes :
- Bonjour à vous, Karim Elouardi. Bonjour, M. Akili. Bonjour, bonjour. Très bon dimanche à vous.
- Vous êtes un lefto, hein. Je vous fais lever très tôt ce dimanche. Mais c'est pour la bonne cause. Vous présidez le SNALC, le syndicat national des lycées, des collèges, écoles et du supérieur pour l'Académie de Montpellier. Alors c'est un peu une trêve, ce week-end, dans ce conflit et cette mobilisation des lycéens. Vous dénoncez-vous, Karim Elouardi, c'est important, un coup de communication de gouvernement avec cette annonce. Vous savez, elle nous interpelle depuis plusieurs jours.
- Vous savez, c'est 3 000 professeurs qui vont venir soudain combler les vides.
- Alors permettez-moi d'abord, M. Akili, de vous dire mon honneur d'échanger avec vous, parce que vous êtes un des rares journalistes français qui êtes neutre dans vos positions et dans votre format de journalisme. Et vous n'êtes pas sans savoir que dans le paysage syndical français, le SNALC est le seul syndicat représentatif qui est à la fois politique et indépendant.
- Alors là, vous me touchez au cœur. C'est une revendication personnelle. Il faut garder une forme de distance avec l'actualité pour que les uns et les autres puissent s'exprimer. C'est très important, Karim Elouardi. C'est le propos du SNALC aussi.
- Vous le disiez à l'instant.
- Oui, oui. C'est ça. C'est pourquoi j'ai accepté d'échanger avec vous sitôt. Pour revenir à votre question. Alors le ministre, lui, il annonce 3 000 postes comme s'il s'agissait de recrutement. Il faut être précis. Moi, si j'ai accepté d'échanger avec vous, c'est parce que cette émission nous permet de parler franchement. Donc il faut qu'on soit précis. Ces 3 000 postes, ce ne sont pas des créations de postes. Il faut qu'on soit très clair.
- C'est du recyclage d'un vivier qu'on appelle de TZR et de contractuels non employés depuis la rentrée. Alors les TZR, c'est des titulaires en zone de remplacement.
- Et il y a aussi des contractuels. Alors il faut savoir que cette année, le ministre a de la chance. C'est qu'on a eu un double recrutement d'enseignants, ce qu'on appelle des L3, des licences 3 et des master 2. Et en fait, il est resté sur le carreau depuis la rentrée des collègues qui sont déjà dans un vivier.
- Alors le danger qui va se passer dès cette semaine, c'est qu'on va envoyer des personnels.
- Surtout les contractuels au pied levé à l'autre bout de l'académie pour des contrats qui risquent d'être des contrats de trois jours.
- Parce que la réglementation fait qu'on ne peut remplacer un collègue qu'à partir de 14 jours. Et là, comme le ministre veut agir rapidement, on va casser un petit peu les conditions de travail de ces titulaires et de ces contractuels. Et humainement, nous, on considère au Sénat que c'est de la précarisation brutale.
- Et techniquement, c'est du bricolage de rentrée. Il faut être très clair, M. Aquilier. Mettre un adulte, n'importe lequel, sans formation, devant une classe pour boucher un trou, ce n'est pas de la continuité pédagogique. C'est de la garderie rectorale.
- Par contre, le Sénat, il exige des enseignants qui soient formés et pas des pions de présence. Donc il faut qu'on fasse les choses.
- C'est un peu du bricolage, en quelque sorte, que vous décrivez là.
- Oui, c'est exactement ça. C'est du bricolage. C'est de la garderie rectorale. On veut faire plaisir à l'opinion publique.
- Mais si on est concret, si on est concret sur les trois...
- 3 000 postes, au final, ça revient à quoi par académie ? 3 000 postes, ça ne revient même pas à 100 postes par académie.
- Et il y a des académies où il y a 500, 600 établissements. Donc au final, c'est peanuts. Mais le vivier, il existe déjà.
- Donc c'est une opération de communication, malheureusement. Et je viens de vous décrire techniquement que c'était facile pour le ministre de faire cette annonce, puisque le vivier est déjà existant et non employé. Et non employé.
- Donc ce n'est pas au niveau des attentes des élèves dans les classes.
- Et ce n'est pas suffisant, parce que le problème est beaucoup plus vaste. C'est de la communication, vous nous dites.
- Encore un mot. C'est très important, ce...
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