Par Benjamin Glaise avec Bernard Streit
Un ancien industriel s'engage pour l’inclusion des travailleurs handicapés
Bernard Streit crée en 2017 l'association "Action Philippe Streit", en mémoire de son frère, pour promouvoir l'inclusion des travailleurs handicapés
Retranscription des premières minutes :
- Le Petit Matin Sud Radio, 5h-7h, Benjamin Gleize.
- Il est 6h39, Sud Radio, la vie en vrai. On prend la direction tout de suite du département du Doubs, dans le petit village d'Anteuil.
- Un ancien grand patron industriel a décidé de s'engager en faveur des travailleurs handicapés.
- Son initiative est assez inédite en France. Et il nous fait le plaisir d'être avec nous ce matin sur Sud Radio pour en parler.
- Bonjour, Bernard Strait. Bonjour, Benjamin.
- Et merci d'être avec nous. Soyez le bienvenu sur Sud Radio.
- Vous êtes le fondateur président de l'association Action Philippe Strait, du nom de votre frère.
- Racontez-nous, c'est lui qui vous a donné cette mission d'agir en faveur des personnes en situation de handicap.
- Oui. Nous sommes une famille agriculteur dans ce petit village du nord Franche-Comté.
- Et ma tante a une maladie à 7 ans.
- Et puis, elle touche la polomélite. Et mon frère, lui, est handicapé de naissance.
- Donc, mon père crée à ce moment-là une petite entreprise artisanale pour leur donner du travail.
- Je rentre après mon service militaire dans cette petite entreprise.
- Et j'ai fait la promesse à mes parents de m'occuper de mon frère.
- Parce que le souci de tous les parents qui ont un enfant handicapé, c'est le couille de leurs enfants après leur décès.
- Bien sûr. Je développe cette affaire avec pas mal de réussite.
- Et je...
- Rapidement, après le partage avec mes parents, j'achète la maison de mon frère enviagé pour que, au cas où je viendrai à disparaître avant lui, eh bien, il ait un peu d'argent de façon à faire face à une vie de personne handicapée sans amis autour de lui, sans frère.
- Et puis, on y découvre un cancer en 2014. Il en meurt en 2017.
- Et juste avant son décès, je vais... Comme il avait touché ce viagé pendant plus de 30 ans, je vais lui demander ce qu'il veut faire de son argent.
- Et là, je suis stupéfait.
- Il me dit « Je voudrais qu'il fasse quelque chose pour des gens comme moi ».
- Alors, à 67 ans, je quitte complètement l'entreprise. J'avais un fils qui était préparé pour la continuité de ce groupe.
- Et j'avais créé l'association Action Philippe Strait du nom de mon frère. Voilà.
- Là, j'en ai un petit peu de cette histoire.
- Et vous avez créé tout ce complexe avec 3 entreprises sur place, des entreprises adaptées à chaque type de handicap, c'est ça ? Oui, tout à fait.
- Oui, tout à fait.
- Alors, l'association...
- L'association a acheté un bâtiment de 6 500 m2 qui est un hangar de stockage.
- Elle a porté tous les investissements nécessaires pour le faire.
- Elle a 3 activités.
- Une première qui est une société d'entreprise adaptée de téléphonie.
- On fait du front office, back office, SAV, ADV, etc.
- Et puis, une deuxième entreprise qui fait de la maroquinerie de luxe.
- Et on a créé une troisième entreprise de formation qui s'appelle Passfil, qui permet de fermer les gens à la maroquinerie et aussi à la partie téléphonie.
- Alors, on a trouvé aussi quelques difficultés pour le faire en milieu rural, puisqu'on a déjà créé 130 emplois.
- On s'est fixé un objectif de monter à 230 emplois d'ici 2028.
- Et donc, on a résolu des problèmes comme le logement, en mettant les logements à disposition dans les centres-bourgs pour ces personnes qui nous rejoignaient.
- Il a fallu trouver aussi des solutions pour la mort.
- Donc, on a acheté des voitures et on va chercher et ramener ces personnes chez eux gratuitement le soir.
- Et puis, pour ceux qui avaient des enfants, on a ouvert une crèche dans le bâtiment.
- Donc, ils mettent leurs enfants là.
- Cette crèche, elle est ouverte aussi sur l'extérieur.
- Et puis, la grande originalité, c'est qu'on a ouvert un centre médico-sportif dans les locaux où nous avons aujourd'hui trois médecins, quatre kinés, une sage-femme, une psychologue, deux professeurs de sport adaptés.
- Un bassin de rééducation, un gymnase.
- Et ces personnes, pendant leur temps de travail, peuvent continuer leurs soins, leur rééducation.
- Ils souffrent aussi souvent de douleurs, donc ils peuvent se faire soigner.
- Et l'ensemble est ouvert sur l'extérieur.
- Donc, sur une année, les services...
Transcription générée par IA