Par Benjamin Glaise avec Séverine Lambert
Les ostéopathes protestent contre la suppression du remboursement des consultations
Face au risque de suppression du remboursement des consultations, les ostéopathes se mobilisent massivement
Retranscription des premières minutes :
- Le Petit Matin Sud Radio, 5h-7h, Benjamin Gleize.
- Sud Radio, la vie en vrai à 6h40, l'inquiétude des ostéopathes face au risque de déremboursement de leur consultation.
- Une telle mesure, si elle est appliquée un jour, pourrait avoir des conséquences pour leur activité mais également pour leur patient.
- Tenez, selon une étude, plus d'un Français sur deux a consulté un ostéopathe au cours des cinq dernières années.
- Bonjour Séverine Lambert.
- Oui, bonjour.
- Et merci d'être avec nous.
- C'est important de vous recevoir effectivement pour parler de cette inquiétude que vous avez.
- C'est une inquiétude pour vous mais également, je le disais, pour vos patients.
- Aujourd'hui, alors vous êtes, je le précise, la présidente de l'unité pour l'ostéopathie, l'UPO.
- Aujourd'hui, 96% des mutuelles remboursent ces séances d'ostéopathie et de chiropraxie.
- Vous craignez vraiment qu'elles ne soient plus remboursées bientôt, ces consultations, ces séances ? Oui, oui, il y a une vive inquiétude.
- Le ministère souhaite modifier le périmètre justement de ces contrats responsables.
- Et la volonté derrière, bien entendu, c'est de faire des économies.
- Alors techniquement, il s'appuie sur plusieurs rapports.
- Celui du Sénat qui date de l'année dernière.
- De l'an dernier, oui.
- Et celui des trois hauts conseils de l'été 2025 qui préconisent d'exclure les soins jugés non essentiels.
- Mais cette position, elle ignore trois réalités, je trouve, majeures.
- La première.
- C'est que l'ostéopathie, c'est comme une profession réglementée.
- Elle est reconnue par la loi depuis 2002.
- Et puis, il y a des décrets depuis 2007.
- L'efficacité de l'ostéopathie, elle est démontrée scientifiquement.
- Un niveau de preuve qui est modéré à élever.
- Notamment sur les lombalgies, les cervicalgies, les femmes enceintes, les nourrissons.
- Enfin, je vous en passe.
- Il y a beaucoup maintenant de motifs.
- On a beaucoup de preuves de l'efficacité.
- Et puis, comme vous le disiez tout à l'heure, les Français y ont massivement recours.
- D'après les deux sondages.
- Donc ça, 2024 et 2025, vous le disiez.
- Un Français sur deux a consulté un ostéopathe.
- 86% nous font confiance.
- Et puis, 82% sont opposés aux déremboursements.
- Dont même 74% qui n'ont pas consulté du tout d'ostéopathe.
- 55% des Français qui ont consulté un ostéopathe au cours des cinq dernières années, c'est beaucoup.
- Est-ce que tous ces Français ont vraiment besoin de séances d'ostéopathie ? Visiblement, eux le pensent.
- Ce n'est pas à ce que moi je pense, mais eux, visiblement.
- Parce qu'en tout cas, le rapport du Sénat pointe une forte augmentation de ces remboursements de ces dernières années en ce qui concerne la médecine douce qui est peut-être une nouvelle fois opposée, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais à la médecine traditionnelle.
- On ne qualifie plus de médecine douce.
- C'est plutôt une prise en charge pluridisciplinaire.
- Nous, on est vraiment intégrés.
- Je vous dis.
- On a quand même des décrets d'application depuis 2007.
- On est intégrés de plus en plus dans les services hospitaliers.
- Moi-même, je suis dans un service hospitalier depuis 20 ans, dans un service de maxillofaciel, dans un CHU de pédiatrie.
- On a montré toute notre place et les Français le reconnaissent.
- Ils savent bien ce qui est bon pour leur santé.
- Personne ne leur a mis dans la tête.
- Quelles seraient les premières victimes finalement de ce déremboursement des séances ? Les plus fragilisées, les retraités, les familles seules.
- On a de plus en plus de familles seules.
- C'est cette population-là qui serait le plus touchée.
- Avec des conséquences forcément aussi pour l'ensemble de la profession, si cette mesure est appliquée ? Oui, c'est évident.
- Notamment dans les zones sous-dotées.
- Notamment les zones de la santé.
- Les zones de la santé.
- Les zones en tension au niveau du manque de médecins et des kinés.
- Les zones rurales qui seraient vraisemblablement les plus touchées.
- Ce matin, je disais tout à l'heure, nous aurons la ministre de la Santé, Stéphanie Risse.
- Ce sera à 8h15.
- Quel message vous souhaitez, vous, Séverine Lambert, lui faire passer ce matin ? J'aimerais qu'elle reconnaisse que l'ostéopathie, c'est une profession qui est reconnue par la loi, réglementée, qui est utilisée par un Français sur deux.
- Que de dérembourser ces...
- Les soins, c'est très clairement ignorer la loi.
- C'est pénaliser les familles, les patients.
-...
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