Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, ça va mieux en le disant, Jean Dorido.
- Et bonjour mon cher Jean Dorido.
- Bonjour mon cher Maxime, bonjour à tous.
- Vous allez revenir sur un sujet mais qui a fait polémique cette semaine, les fameux espaces No Kids.
- Pourquoi en réalité on n'aime plus les enfants ? Et c'est vrai que ça a fait polémique avec ce choix de la SNCF d'admettre dans certains de ces wagons une option sans enfants.
- Mais le No Kids, en quoi ça consiste exactement ? Eh bien mon cher Maxime, vous l'avez très très bien rappelé, le No Kids en fait en bon français, cela désigne tout simplement des lieux, des services, des espaces dans lesquels les enfants sont tout simplement interdits.
- Cette tendance rencontre un succès fou aux USA ainsi qu'en Asie.
- Et chez nous elle progresse de façon assez vertigineuse.
- Des restaurants, des hôtels, des campings affichent désormais sans complexe ce label qui n'a évidemment aucune légitimité et pour cause puisqu'en France toute forme de discrimination est interdite par le code pénal.
- Bien sûr.
- Y compris évidemment en ce qui concerne l'âge.
- Et pourtant...
- Aujourd'hui Maxime, vous l'avez dit, les entreprises publiques s'y mettent, à commencer par la SNCF qui lance une offre qui affiche la promesse de voitures sans enfants.
- Écoutez vos confrères de France 5 décrire ce nouveau produit, c'était cette semaine.
- La SNCF a lancé début janvier sa nouvelle classe affaires baptisée Optimum, des billets un peu plus chers pour des fauteuils plus confortables, des plats plus élaborés et donc moins de bruit puisque ces espaces sont interdits aux enfants de moins de 12 ans.
- Alors ça effectivement Jean, c'est pour le...
- C'est au moins quand même surprenant pour ne pas dire choquant, mais comment se fait-il que ces offres quand même rencontrent le succès si vous voulez qu'on leur prévoit ? Eh bien alors, en fait, cette intolérance aux enfants, Maxime, qui peut peut-être être un fait parfois un peu turbulent, elle n'est pas nouvelle.
- Souvenez-vous par exemple de cette scène assez hilarante du film tellement proche dans laquelle le jeune Lucien asperge François-Xavier de Maison, son oncle dans le film, de sauce au chocolat, provoquant un véritable drame familial.
- Putain ! Vous l'avez dit sans les enfants, bordel de merde ! Donc le film date de 2009, ce n'est pas nouveau.
- Néanmoins, cette tendance, elle s'accélère pour au moins trois raisons majeures.
- D'abord, les Françaises et les Français font de moins en moins d'enfants.
- Et cette année, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la France compte plus de décès que de naissances.
- Cette raréfaction des enfants et des familles nombreuses, cette rareté des enfants qui crient, qui jouent, eh bien elle augmente l'intolérance car c'est de moins en moins la norme sociale.
- Et puis deuxième point, notre société est de plus en plus individualiste.
- Et le confort personnel devient une espèce d'idole dont le culte ne tolère aucune entorse.
- Et puis troisième point, la population française est particulièrement sujette au stress, à l'anxiété et même à la dépression.
- Nous restons parmi les champions du monde de consommation d'anxiolithiques et d'antidépresseurs.
- Ces états de fragilité psychique diminuent les capacités à se sentir bien, même au milieu du chahut de joyeux bambins.
- Le tableau est quand même assez pessimiste. Est-ce qu'on peut réussir dans ce pays à inverser la tendance ? Eh bien, disons que de toute façon, il faut inverser cette tendance dans la mesure où il est absolument interdit en France de discriminer qui que ce soit.
- Et dans cette époque où chacun ne cesse de prôner le fameux vivre ensemble, il est assez ubuesque de voir des trains autorisant les chats et les chiens et interdisant les enfants.
- Même ils sont moins bruyants. Non mais ça dépend des chiens et des enfants.
- Quant à la faisabilité de cette inversion de tendance, il est nécessaire sur ce point de développer les contacts et les échanges intergénérationnels les études de psychologie expérimentale montrent que la tolérance, en fait, cela se cultive, cela s'apprend par le contact entre groupes différents.
- La différence, mon cher Maxime, vous le savez bien, est une richesse.
- Et les enfants, c'est la vie. Il...
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