Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, ça va mieux en le disant, Jean Dorido.
- Mon cher Jean Dorido, bonjour.
- Bonjour mon cher Maxime, bonjour à tous.
- Docteur en psychologie, créateur du site hypnoseparis.com.
- Jean, cette semaine, c'est un papier du Parisien qui a attiré votre attention.
- C'est en réalité un signal d'alarme tiré par des chercheurs à propos des aliments ultra transformés.
- Juste, on en parlait à 7h40 avec une nutritionniste.
- Et ces scientifiques parlent de tactique digne de l'industrie du tabac, mon cher Jean.
- C'est quoi déjà un aliment ultra transformé ? En fait, ce sont des aliments fabriqués avec des substances que monsieur et madame tout le monde ne possèdent pas dans sa cuisine.
- Des colorants, des exhausteurs de goût, des émulsifiants, des arômes fabriqués en laboratoire.
- Et parfois, vous ajoutez à cela des procédés industriels complexes comme le fractionnement, le soufflage, la cuisson-extrusion ou encore l'hydrogénisation.
- Et alors attention, ces aliments ultra transformés ne sont pas forcément reconnaissables à l'œil nu.
- Vous pouvez trouver certains pains, par exemple, fabriqués selon une méthode soi-disant artisanale qui entre en réalité dans la catégorie des aliments ultra transformés.
- Et c'est entre autres ce que dénoncent ces trois études publiées dans The Lancet.
- Des techniques marketing dignes effectivement de l'industrie du tabac pour rendre ces produits très attractifs et avec un marketing très agressif, une influence auprès des scientifiques, du lobbying pour promouvoir des produits comme des biscuits énergie, des céréales soi-disant.
- des céréales soi-disant fitness, des boissons sucrées pour se rebooster, des plats tout préparés ou encore des barres healthy.
- À l'arrivée, ces produits ont de plus en plus de succès et ils constituent aujourd'hui, Maxime, en France, le tiers des calories consommées chaque jour.
- Et problème, ils ne sont manifestement pas bons du tout pour la santé.
- Une méta-analyse de 2023 observe qu'une augmentation de 10% de la proportion d'aliments ultra transformés dans l'alimentation est associée à une augmentation du risque global de cancer de 13%.
- Et si vous regardez juste le pancréas, c'est 50% de risque de cancer en plus.
- Donc ce sont des chiffres absolument frappants et qui font peur.
- Et comment se fait-il justement que ces aliments ultra transformés aient un tel succès ? Parce que ça en devient presque générationnel.
- Ah ben c'est presque générationnel effectivement.
- En fait, ce sont trois puissants facteurs psychologiques qui expliquent ce succès.
- Le premier, c'est notre cerveau qui possède un système de récompense très efficace.
- Et ces produits stimulent les circuits de la récompense.
- Sucre, sel, matières grasses, textures croustillantes.
- Écoutez, typiquement, cet extrait.
- Du film Problemos d'Eric Judor sur le sujet.
- Les chips à l'ancienne, excellent, les chips à l'ancienne.
- Nouvelle recette, nouvelle recette, nouvelle arnaque, ouais.
- Chips à l'ancienne.
- Normalement une vieille chips, c'est mou, ça n'a pas de croustille.
- Et là, bizarrement, on ouvre les paquets, neuf entre parenthèses, croustillant.
- Euh, il ne s'est pas passé quelque chose de bizarre là entre temps ? Eh oui, le croustillant, plus tout le reste, eh bien ça excite les productions de dopamine, l'hormone du plaisir.
- Et quand le cerveau est associé à un système de récompense, ça n'a pas de récompense.
- Quand le cerveau est associé, facile, plus rapide, plus plaisir, eh bien il bascule dans l'addiction.
- Le deuxième point, eh bien le stress, la fatigue.
- Après une longue et dure journée, vous ne cherchez pas une endive bio, vous cherchez plutôt du réconfort.
- Et des études montrent que les personnes surmenées choisissent davantage ces aliments ultra-transformés.
- Je plaide coupable, mon cher Jean, je plaide coupable.
- C'est l'épuisement émotionnel qui fait ça.
- Et puis le troisième point, l'accessibilité.
- Ces produits sont mis en avant par des acteurs majeurs de l'industrie agroalimentaire.
- Et le consommateur qui se croit libre est en réalité manipulé par les techniques marketing.
- Et puis, il y a quand même les solutions. Qu'est-ce qu'on peut faire face à ça ? Alors, eh bien ce qu'on peut faire, c'est d'abord les scientifiques doivent continuer bien sûr d'explorer le sujet pour mieux comprendre quels sont les produits ou les associations de produits qui sont le plus à éviter.
- Les pouvoirs publics, de leur côté, devraient accélérer sur la réglementation des publicités.
- Il n'est pas acceptable d'autoriser celles qui visent...
Transcription générée par IA