Les taux d’intérêt continuent à baisser

Alors Yves, puisque les taux d’intérêt baissent, ceux qui s’endettent peuvent acheter un logement plus grand ? Mais est-ce le cas partout ?

Vous avez raison Patrick, actuellement car on peut s’endetter à 1,20 ou 1,30 % pour acheter son logement et bientôt ce sera à 1 %.

Mais tout dépend aussi de ses revenus. Or le salaire moyen dans le secteur privé s’élève aujourd’hui à 2.238 euros nets par mois, selon l’Insee.

Avec une telle somme, un particulier peut emprunter en moyenne près de 155.000 euros à un taux de 1,4% sur 20 ans. Mathématiquement cela signifie que l’on peut acheter aujourd’hui un logement plus grand qu’il y a dix ans. Ce qui est appréciable.

Sauf que cette baisse des taux a fait flamber les prix de la pierre dans certaines villes. On est donc face à une situation très contrastée.En fait, c’est à Marseille, où le pouvoir d’achat immobilier s’est véritablement envolé de 69%, grâce à la baisse des taux

Si bien qu’avec le même salaire les ménages peuvent aujourd’hui s’offrir un logement plus grand de 27 mètres carrés qu’il y a dix ans.

En revanche toujours avec 155.000 euros un salarié ne peut acheter que 16 mètres carrés à Paris. C’est moins d’un mètre carré de plus en 10 ans. Mais est ce que ce raisonnement vaut aussi pour Paris ?

Il y a surtout deux grandes villes du sud qui attirent de plus en plus des jeunes couples que sont Montpellier et Toulouse. A Montpellier, un salarié peut s’acheter un logement plus grand de 17 mètres carrés : ce qui correspond à une grande chambre. Et à Toulouse où les prix de l’immobilier n’ont grimpé que de 15
% en un an, on peut bénéficier de 15 mètres carrés supplémentaires. La question, c’est combien faut-il gagner pour s’acheter un logement décent ? Or pour s’offrir 50 m² à Paris, il faut un salaire de 7.000 euros.

D’où la polémique lancée par Benjamin Griveaux affirmant que malgré un salaire de ministre il ne pouvait pas être propriétaire à Paris.

Venant de sa part, c’était forcement un peu maladroit. Mais le problème de la Capitale, c’est qu’elle est difficilement accessible aux jeunes couples. Du coup ils émigrent dans la proche banlieue ou dans la grande banlieue, quitte à passer plus de temps dans les transports. A n’en pas douter cette bobo-isation de Paris qui devient réservée à une population soit âgée, soit aisée sera au cœur des municipales l’an prochain