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Les programmes présidentiels

Est-il essentiel d'avoir un bon programme pour gagner l'élection présidentielle ?

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Dimanche, Emmanuel Macron a jeté un pavé dans la mare via le JDD, « c'est une erreur de penser que le programme est le coeur d'une campagne ! », et il a ajouté, «  la politique, c'est mystique et la politique, c'est un style ! ». Il est vrai que le programme n'est pas le coeur d'une campagne et que le fait d'en avoir un ne garantit pas la victoire. C'est un peu comme pour les jeux Olympiques, le CIO affirme que ce  sont rarement les villes avec les meilleurs dossiers qui sont choisies, puisque d'autres paramètres entre en ligne de compte.

Alors, comment les précédents présidents de la Cinquième République ont-ils gagné  ? D'abord, il faut un slogan, on se souvient des plus célèbres, Le changement dans la continuité pour Giscard, La force tranquille pour François Mitterand, la fracture sociale de Chirac, le Travailler plus pour gagner plus de Sarkozy et Le changement c'est maintenant de François Hollande. Si le slogan est bon, il veut dire plus que les quelques mots inscrits sur l'affiche. On n'élit pas un ministre du budget ou un Premier ministre, on élit le président de la République, on s'attend à ce qu'il fixe un cap et incarne une certaine idée de la France. Qu'est-ce que la France de 2016 ? Dans l'Europe de la mondialisation, face au terrorisme islamique, qu'est-ce que la France veut dire aux Français ? Que veut-elle dire au monde ? C'est ce que l'on attend des candidats et trois d'entre eux l'ont bien compris : Jean-Luc Mélenchon, Marine le Pen et Emmanuel Macron. C'est vrai que l'élection a une dimension affective, une alchimie particulière et l’on attend que l'éventuel président donne une dizaine de directions pointant vers ses actions futures, afin que nous sachions où l'on va.

De plus, il faut aussi se méfier des programmes. La légalisation de l'avortement n'était pas dans le programme de Valérie Giscard d'Estaing, sans quoi il aurait peut-être perdu. Et la peine de mort était dans le programme de Mitterand, mais n'avait pas les faveurs de l'opinion. Parfois, des candidats ont un bon programme et un bon bilan, mais ils sont battus. Demandez à Lionel Jospin, par exemple.

Aujourd'hui, les primaires déforment la vision que l'on a de l'élection présidentielle, car la campagne commence vers septembre. Mais si l'on regarde le passé, Chirac a présenté son programme un 17 février, en 1981 Mitterand avait commencé sa campagne le 6 mars et Nicolas Sarkozy le 2 avril en 2007. Moralité, on a encore tout notre temps, malgré les apparences.

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