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Le football à onze

Revenons sur le deuxième débat présidentiel de mardi dernier.

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Le football à cinq a son charme, mais moi, je préfère le football à onze. Le premier débat à cinq m'avait fort ennuyé, le deuxième débat à onze m'a beaucoup intéressé. Dès la photo de famille des candidats, presque au complet, puisque Philippe Poutou se singularisait déjà en refusant de poser avec ses petits camarades, on mesurait combien la première monture avait été un déni de démocratie. Les onze présents étaient parvenus à rassembler les 500 parrainages nécessaires à leurs candidatures. Ils méritaient donc tous de pouvoir défendre leurs idées à conditions égales. Ce qui sautait également aux yeux d'emblée, c'était toutes les dimensions de l'identité française, un mot à la mode, dont le premier débat réservé aux cinq grands candidats nous avait privé. Avec Jean Lasalle soudaine apparition de la France rurale, que le député des Pyrénées-Atlantique incarne, certes parfois de manière pittoresque, mais qui continue de définir notre pays. Avec Nathalie Arthaud et Philippe Poutou la France qui se lève tôt prenait enfin la parole par l'intermédiaire de ces deux authentiques travailleurs, tous deux porteurs d'une longue et vivace tradition nationale, le trotskisme. Avec François Asselineau et Jacques Cheminade une nouvelle manière de faire de la politique obtenait une reconnaissance officielle. Le soir de gloire de la politique deux zéros en quelque sorte, celle qui s'est développé à travers les réseaux sociaux, celle dont la promotion est assurée par des militants numériques très motivés d'un nouveau genre.

C'est une victoire d'ensemble de tous ces petits candidats, me semble-t-il. Non seulement la plus mémorable phrase des échanges tomba de la bouche de Philippe Poutou, lorsqu'il fit remarquer à Marine le Pen qu'il n'existait pas d'immunité ouvrière, ce qui revenait à prier la représentante du FN d'aller repasser son diplôme de représentante des classes populaires. Mais François Asselineau fut aussi celui qui résuma le mieux l'opinion générale à propos d'Emmanuel Macron, en lançant à celui-ci qu'il était toujours d'accord avec tout le monde. Ajoutons que Nicolas Dupont-Aignan mit sérieusement en difficulté François Fillon sur le Traité de Lisbonne. Tandis que Jean-Luc Mélenchon et Marine le Pen se voyaient confrontés à plus radicaux qu'eux sur l'Union européenne ou la contestation des élites, ce qui sembla quelque peu les déstabiliser. Bref, ce fut un salutaire exercice démocratique, auquel on assista en ce mardi soir, une occasion trop rare de découvrir l'intégralité de l'offre politique disponible. À moins de trois semaines du premier tour de la présidentielle, il était temps. Et pour ceux qui doutaient que ce fût encore une bonne idée, on a appris que les principaux candidats refusaient le principe d'un deuxième débat à onze. C'est donc que c'était une excellente idée.

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