La gabegie des chemins de fer corses, épargnés par la réforme du rail

Alors que les cheminots de la SNCF rencontrent aujourd'hui le Premier ministre avec l'espoir de négocier la réforme des chemins de fer… Avant deux nouveaux jours de grève perlée qui démarrent ce soir…  Les trains Corses, eux, roulent... Oui mais à quelle prix et à quel rythme ?

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Vous savez, en Corse, il fait chaud, il faut y aller piano piano ! Les magistrats de la Cour des comptes viennent de se pencher sur le fonctionnement des chemins de fer corses et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont eu droit à quelques surprises. Il faut tout d'abord savoir à quoi ressemble le réseau local. Une ligne de Calvi à Ponte-Leccia, au cœur de l'île, l’autre de Bastia à Ajaccio, 232 kilomètres de voies de chemin de fer, 16 gares et 60 arrêts.

Les Magistrats ont testé les lignes. Résultats : 2 fois sur 3 , ils n'ont pas été contrôlés par un agent. Par ailleurs, certaines cadences pourraient rendre fou les voyageurs pressés. 4 heures pour rallier Bastia depuis Ajaccio contre... 3h30 en voiture. Mais ce n'est pas grave, la collectivité Corse paye... 20 million d'euros par an, avec l'engagement de couvrir les déficits éventuels. Concrètement, cette somme couvre 80 % des charges d'exploitation de la société. Une situation qui n'incite pas à un contrôle accru.

Pire encore, l'entreprise ignore le nombre d'heure de ses agents. Dans les faits, le taux d'occupation serait de 28 %, soit 2 000 voyageurs par mois seulement. Mais, parallèlement, l'entreprise embauche 272 agents. Un effectif surdimensionné de 20 à 30% .

Les cheminots corses se tourneraient-ils les pouces ? Les faits et les chiffres parlent d'eux-même : les cheminots corses bénéficient d'heures supplémentaires alors qu'ils ne réalisent pas les 37 h10 prévues par les accords d"entreprise, puisqu'il n'y a aucun contrôle et que tout repose sur la déclaration des agents, chacun déclarerait 1 heure supplémentaire par semaine. Pour cela, ils n'hésitent pas à compter leurs déplacements et leurs présences en réunion. 8848 heures surpayés en 2014, les employés bénéficient aussi de généreuses primes repas et d'une allocation enfant multipliée par 12.

Le tout alors que, selon la Cour des comptes, le travail effectif est estimé à 5 heures par semaine. Ils seraient aussi arrêtés 28 jours par an en moyenne...

Dur dur, la vie de cheminot en Corse.

>> L'intégralité de la chronique est disponible en podcast