Faites-vous confiance à Jean-Michel Blanquer pour reformer l’éducation nationale ?

Faites-vous confiance à Jean-Michel Blanquer ? Le Ministre de l’Éducation Nationale s’est attaqué à la réforme du bac mais aussi au chantier des établissements des savoirs fondamentaux. Ce dernier suscite beaucoup d’inquiétudes chez les enseignants et chez les parents. D’où la grève d’hier. Ont-ils raison d’être inquiets, Véronique Jacquier ?

Oui, car les établissements des savoirs fondamentaux signent la mort de certaines écoles rurales. Fini la figure emblématique du directeur d’école dans nos beaux villages. Les enfants du primaire iront faire leur scolarité à l’intérieur d’un collège situé à 10 ou 20 km de là. C’est cet établissement du futur englobant primaire et collège qui est appelé « établissement des savoirs fondamentaux ». Si les enseignants se mobilisent, c’est qu’ils n’ont pas confiance en la méthode Blanquer. Pour un tel projet qui bouscule l’enseignement en milieu rural il n’y a eu aucune concertation avec les syndicats. L’Assemblée Nationale a adopté les amendements à la mi février. Le Sénat doit maintenant donner son avis. Hier après-midi, Jean-Michel Blanquer a été interrogé au Sénat sur les craintes suscitées par les regroupements primaire-collège en milieu rural. Il a assuré que les choses se feraient sur la base du volontariat pour les communes et qu’elles seraient discutées avec les équipes pédagogiques, sauf que cela n’apparaît pas dans le texte…

Une méthode discutable donc…Mais sur le fond Jean-Michel Blanquer a-t-il raison de plaider pour ces établissements des savoirs fondamentaux qui sont très décriés par les gilets jaunes ?

Méthode discutable mais Jean Michel Blanquer sait très bien que s’il avait demandé aux syndicats leur avis, ils auraient tous dit non ! Le regroupement des savoirs fondamentaux ; ce sont forcément des enseignants en moins. Partout où les collectivités locales voudront faire des économies et où le recteur voudra récupérer des postes. Mais cela peut se comprendre. En France, 46% des écoles primaires ont entre 2 et 4 classes. Ça coûte cher. C’est à la charge de la commune. Et il n’y a pas toujours suffisamment d’élèves pour maintenir l’école ouverte. Pour sauver l’école rurale, n’est ce pas pertinent d’envisager un regroupement où il y aura une continuité pédagogique, plus de moyens et plus de structures sportives ? Des stades, des gymnases… Ce qui est dommage, c’est que Jean Michel Blanquer n’ait pas demandé aux élus locaux leur avis et n’ait pas commandé une étude d’impact car ces regroupements existent déjà sur le territoire. Toucher à l’école rurale aurait mérité un vrai débat.

Avec la grogne qui monte, c’est peut être maintenant qu’il va commencer…