Relever la TVA dans la restauration? Des professionnels inquiets

Un restaurant à Paris
Un restaurant à Paris STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

L'impôt sur le revenu va baisser de cinq milliards d'euros pour les classes moyennes. Emmanuel Macron l'a annoncé lors de sa conférence de presse d'après grand débat. Pour financer cette mesure, le gouvernement s'apprête à supprimer certains niches fiscales dont bénéficient les entreprises, et il envisage aussi d'augmenter le taux de la TVA dans la restauration. Une piste qui inquiète le secteur.

Reportage de Mathilde Jullien

Quand vous recevez votre addition au restaurant, le taux de la taxe que vous payez s'élève a 10%. Elle était deux fois plus élevée en 2009, avant que Nicolas Sarkozy ne décide de l'abaisser.

"La baisse de la TVA nous avait permis aussi d'embaucher un petit peu de personnel"

Pierre Lelièvre est 1er maître d'hôtel dans un restaurant alsacien près de la place de la République, à Paris, et il est dubitatif: "Si on ré-augmente un petit peu la TVA, le client va en pâtir car on va un petit peu augmenter les prix. C'est pas grand chose: deux ou trois euros. Mais sur une brasserie comme la notre, où l'on fait 400 ou 500 couverts par jour, ça représente quand-même une somme ! C'est pas une bonne solution pour l'embauche parce qu'on va essayer de tirer au maximum sur les personnes qu'on a... On va travailler un petit peu en sous-effectif".

"Mon modèle économique devient ric-rac"

Déshabiller Pierre pour habiller Paul, c'est le sentiment partagé par beaucoup de restaurateurs. Cathy Levavasseur est gérante d'un bistrot dans le 11e arrondissement: "Nous, on ne peut pas suivre derrière ! On ne peut pas remonter nos prix à chaque fois. Nos fournisseurs des matières premières sont sujets à un marché mondial et les hausses sont répercutées. Moi, mon modèle économique devient ric-rac... Je ne suis même pas sûre qu'il soit encore viable !".

"Je fréquenterai moins les restaurants"

Du côté des clients, pas sûr que la hausse du pouvoir d'achat ne se répercute sur la fréquentation des restaurants, d'autant que tout le monde n'est pas concerné par la baisse d'impôt sur leur revenu, à l'image de Laurence, retraitée. "Je suis perdante ! Donc je fréquenterais moins les restaurants".
Une mesure pas encore actée, mais qui va être discutée à dès aujourd'hui. Un séminaire gouvernemental aura lieu pour réfléchir a la mise en pratique des annonces du président, dont la baisse de l'impôt sur le revenu.

Les rubriques Sudradio