Nombre d'entreprises reprennent leur activité, entre nécessité et choix polémiques

Sans attendre le fameux 11 mai – date à partir de laquelle l’activité devrait reprendre sauf retournement de situation - certaines entreprises ont décidé de reprendre leur activité, après quatre semaines d’arrêt total. Parfois contre l'avis des salariés. Ou encore par besoin économique, notamment pour les commerces indépendants phagocytés par la grande distribution.

Les usines rallument les fours car pour certaines, il en va de la sauvegarde économique de milliers d'emplois, comme à l'usine Bosch de Toulouse.

Un reportage de Christine Bouillot pour Sud Radio.

 

Parfois même dans des secteurs dits « non stratégiques », l'activité reprend progressivement. Le tout dans un cadre sanitaire bien défini par l’État eu égard des circulaires du Ministère du Travail. Cela se passe souvent contre l'avis des salariés, ou encore parce que certaines TPE n'ont d'autre choix que de reprendre, pour ne pas disparaître.

L’usine Bosch à Rodez, par exemple, va reprendre ce matin son activité. Une reprise partielle pour 300 salariés qui produisent des buses d’injections pour des moteurs diesel, lesquelles seront ensuite envoyées vers la Chine.

La direction allemande tenait à reprendre depuis longtemps, les syndicats ont exigé toutes les garanties sanitaires comme le souligne Yannick Anglares, délégué CGT chez Bosch.

« Les salariés, pour certains, pèsent entre l’emploi et la santé. On a tout le temps priorisé la santé et la sécurité des salariés. Aujourd’hui, les patrons trouveront que c’est bien d’avoir repris l’activité mais , ça ne les empêchera pas de fermer ou de restructurer le site »

Si cette reprise partielle devrait relancer la machine, elle n’est pas une garantie pour l’avenir du site ruthenois, en sursis depuis des mois avec ses 1200 salariés.

 

Une inégalité criante entre grande distribution et petits commerces

Même son de cloche cette fois pour cet artisan fleuriste qui a voulu garder l’anonymat. Jardineries et grandes surfaces peuvent vendre fleurs et plantes tandis que lui doit fermer boutique. Étant désormais sans ressources, il a fait ses comptes et le constat est sans appel : même les reports de charge et les aides de l’État ne suffisent plus. Il a donc décidé de réouvrir discrètement son commerce.

« C’est pas possible. Soit on est tous fermés sauf les commerces de première nécessité et tout le monde est dans le même bateau soit on ouvre tout. Là, les jardineries peuvent ouvrir, Pierre peut ouvrir, mais nous on est fermés ».

En attendant une décision politique, les milieux économiques ont commandés 100 millions de masques à vocation industrielle, rien que pour le mois d’avril.