éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

Les compagnies pétrolières se frottent les mains

Dans le feuilleton sur les carburants on ne parle pas beaucoup des compagnies pétrolières qui s’enrichissent en dormant.

C’est vrai que le débat s’est focalisé sur les taxes. Parce que les taxes ont augmenté dans le prix du litre de gazole notamment. Mais les pétroliers, ils font toujours le même travail. Ils extraient ou achètent le pétrole brut, Ils le raffinent. Ils transportent ensuite l’essence et le fioul. Et puis il faut que le pompiste se rémunère. Si bien que sur un litre de gazole vendu 1 euro cinquante à la pompe un groupe comme Total touche moins de 9 centimes.

Total voit tout de même ses bénéfices battre des records et c’est normal. Parce que ce groupe, comme c’est le cas pour Esso, pour Shell ou pour d’autres ont deux activités principales. L’une qui consiste à chercher du pétrole et l’autre qui vise à distribuer de l’essence. Quand Total fait la découverte d’un beau gisement en Afrique, dans le Golfe persique, en Mer du Nord ou en Sibérie, il a dépensé beaucoup d’argent pour ça. Mais ensuite, c’est vrai, c’est de l’or en barre. Et c’est cela qui fait les très beaux comptes de Total.

Car Total va réaliser un bénéfice record cette année.

Les analystes tablent sur presque un doublement du bénéfice qui serait de l’ordre de 15 milliards de dollars, soit un peu plus de 13 milliards d’euros. Concrètement ça voudrait dire qu’avec son bénéfice Total pourrait acheter trois compagnies de la valeur d’Air France. C’est colossal. Mais on aurait tort de tirer sur ces bénéfices, car ils sont réinvestis pour faire chaque année de nouvelles découvertes de gaz ou de pétrole et par ailleurs investir dans le renouvelable.

Malgré tout, les pouvoirs publics ont convoqué les pétroliers pour leur demander d’être exemplaires.

Et ils ont raison. Car lorsque le prix du pétrole baisse il faut qu’ils répercutent immédiatement cette baisse au consommateur final. Ce qui n’est pas toujours le cas. Mais certains vont régulièrement jusqu’à imaginer un impôt sur les superprofits de Total. C’était déjà le cas de Nicolas Sarkozy qui s’était engueulé avec Christophe de Margerie, l’ancien patron du groupe. C’est une aberration.

Bien sûr que Total doit payer ses impôts comme tout le monde. Mais pas davantage, au risque de ne plus découvrir assez de pétrole ou de gaz. Tirer sur Total c’est se tirer une balle dans le pied. Car n’oublions jamais que ce groupe participe de notre indépendance énergétique.

 

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