L'édito éco d'Yves de Kerdrel - Le coronavirus sème la panique sur les bourses européennes

C'est l'effet papillon. Un virus à l'est de Shanghai, le coronavirus, qui peut provoquer une chute brutale des actions à 10 000 kilomètres de là, sur le Vieux Continent. Une histoire qui n'est pas sans rappeler l'épisode du SRAS qui avait bloqué la Chine pendant quelques mois en 2003. Bis repetita ?

La chute des actions en Chine pourrait avoir des répercussions directes sur le Dow Jones et le CAC 40 (Drew Angerer/Getty Images/AFP)

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"Alors les principales bourses européennes ont chuté hier dans le sillage des marchés asiatiques affectés par le coronavirus ?

Vous connaissez l’effet-papillon lorsque l’on dit qu’un battement d’ailes de papillons à un bout de la planète peut provoquer une tempête. Et bien c’est exactement pareil. Il y a eu jusqu’à présent six morts suspectes dans la ville de Wuhan à l’est de Shangaï. Et cela a suffi à créer une panique boursière en Asie car ce nouveau virus qui s’attaque aux coronaires serait d’une rare violence. À tel point que le gouvernement chinois a déjà mis en place un système de quarantaine afin de limiter sa propagation.

Mais officieusement les autorités sanitaires évoquent le chiffre de 300 porteurs de ce virus. Et le problème, c’est que tout cela survient à quelques jours du Nouvel an chinois où 450 millions de chinois vont traverser le pays. Ce qui pourrait accroître les risques de propagation de ce coronavirus, y compris au-delà des frontières de la Chine.

Mais quel rapport entre ce virus et l’économie ?

D’abord, cela rappelle aux chinois l’épisode du SRAS qui avait affecté la Chine en 2003 et quasiment bloqué le pays pendant quelques mois. Mais la Chine c’est le symbole de la mondialisation. Et donc ce virus menace en fait toute la planète.

C’est pour cette raison que depuis deux jours les titres les plus affectés sont ceux des compagnies aériennes et des groupes de luxe. Car si ce virus se répand dans toute la Chine, cela va peser sur toutes les activités de consommation et sur les activités touristiques. Alors il ne faut pas non plus être alarmiste. Bien sûr le SRAS avait fait 800 victimes avant d’être endigué. Mais il n’était pas devenu un virus mondial. Même si l’Australie craint beaucoup d’être affecté après avoir subi des incendies meurtriers.

Dans cette affaire c’est presque davantage une question de psychologie collective que de risque sanitaire. Le SRAS avait privé la Chine en 2003 de 0,5 point de richesse nationale, car l’épidémie avait été longue. Mais n’oublions pas que 2020 est l’année du Rat pour les Chinois. Or, c’est un animal qui symbolise la richesse et le début de jours nouveaux.

 

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