L'édito éco d'Yves de Kerdrel - "Carlos Ghosn est accusé d’avoir détourné à son profit au moins 100 millions de dollars depuis les caisses de Nissan"

Aujourd'hui à 14h, l'ex-PDG de Renault-Nissan s'exprimera depuis le Liban, où il a réussi à se réfugier au terme d'une affaire rocambolesque dont personne n'a su déceler tous les contours. En attendant, le débat fait rage entre ses soutiens et ses détracteurs.

L'ex-PDG de Renault Carlos Ghosn et sa femme Carole Ghosn au Festival de Cannes, le 26 mai 2017 (LOIC VENANCE - AFP/Archives)

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C’est aujourd’hui qu’a lieu la conférence de presse de Carlos Ghosn, dont les propos sont très attendus.

Oui c’est à 14 heures aujourd’hui que Carlos Ghosn va enfin sortir du silence et s’exprimer en direct sur les chaines d’information en continu. Cela fait plus d’un an que l’ex-patron de Renault et de Nissan attend ce moment pour donner sa vérité. Et quoiqu’il en soit, après son évasion si romanesque du Japon, qui a surpris le monde entier, cette conférence de presse est un évènement mondial. Tous les grands médias de la planète ont envoyé à Beyrouth un ou plusieurs journalistes pour suivre cet évènement.

Mais il n’est pas impossible que cette conférence de presse provoque aussi de la déception. Car Carlos Ghosn ne devrait pas parler de sa fameuse fuite dans une malle d’instrument de musique percée. Il ne devrait pas non plus revenir sur les accusations dont il fait l’objet et qui justifient sa révocation de Renault. Son but c’est de décrire le système judiciaire nippon, de dire comment il a été traité et d’expliquer qu’il n’est en rien un fuyard.

Il y a pourtant un mandat Interpol lancé contre lui dans le monde entier !

Oui, au risque de choquer certains auditeurs je ne m’associerai pas un concert de louanges de tous ceux qui clament « Chapeau l’artiste » ! Carlos Ghosn est accusé d’avoir détourné à son profit au moins 100 millions de dollars depuis les caisses de Nissan. Et à cela il faut ajouter les turpitudes qui ont été découvertes à Amsterdam au sein de l’alliance Renault-Nissan. C’est très bien de déclarer comme il va le faire demain qu’il a fui l’injustice du système japonais. Il a d’abord fui la justice. Et cela ne fait que rajouter une ombre de plus au bilan de celui qui fût un grand patron, mais aussi un peu mégalomane.

En agissant ainsi, il refuse de rendre des comptes aux actionnaires de Nissan qu’il a volés, et donc aux actionnaires de Renault. Cette attitude est peut-être humaine, mais elle n’est pas glorieuse. En tout cas elle n’est pas digne de celui qui se proclamait l’empereur de l’automobile. Et elle salit l’image de tous les patrons accusés de se payer leur impunité.