Des chambres à 1000 € au Cap-d'Agde  pour contrer le géant Booking.com

Les hôteliers du Cap-d'Agde dans l'Hérault sont partis en guerre contre le mastodonte de la réservation en ligne Booking.com. Pour ces hôteliers, le site néerlandais facture des commissions trop élevées et déloyales.  Ils se sont donc lancé dans un bras de fer pour contrer le site, en augmentant les prix afin d'inciter les clients à passer en direct avec eux.

Reportage de Christine Bouillot 

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Quand on cherche une réservation sur le site booking.com, les prix des chambres pour une nuit s’affichent à plus de 1000€ au mois d'août, c'est à dire en pleine saison. Mais quand on visite l’hôtel 4 étoiles La Palmyra avec son directeur Frederic Puech, ses chambres sont en réalité facturées 149 € aux mêmes dates. Objectif pour lui et ses collègues: inciter les clients à réserver en direct avec les hôteliers:

"C'est vrai que les clients ont l’habitude d’aller sur internet pour réserver, car ils pensent que c’est au meilleur prix. Mais je peux vous garantir que non ! En réservant directement avec nos établissements, les prix des séjours sont beaucoup moins chers"  

Jusqu'à 50.000 euros par an et par hôtel

En cause, dans ce bras de fer: les commissions imposées par la plateforme de réservation, jugées exorbitantes, inexplicables et déloyales pour Alain Blouet le président du Club des hôteliers de la citée balnéaire de l’Hérault. 

"Ici les commissions sont à 17%. En allant 10 km plus loin à la Grande-Motte, elles sont à 15%... et seulement 10% pour les hôtels du groupe Accord. Le site Booking ne nous donne aucune explication, à part que notre station est souvent cliquée par les internautes. Mais cette justification ne tient pas. Pour nous, le manque à gagner est important: jusqu'à 50.000 euros à verser à la plateforme pour un hôtel ouvert toute l’année !"

Les hôteliers veulent ainsi faire bouger les choses et engager une réflexion sur l’encadrement des pratiques de ces sites de e-réservation. Ils souhaitent les mêmes droits pour tous. Les hôteliers du Cap d’Agde espèrent voir des confrères leur emboîter le pas: la fronde semble déjà gagner la Bretagne. Le combat s’annonce cependant compliqué contre ce géant située aux Pays-Bas: plus de 12 milliards d'euros de chiffre d'affaire en 2017.