Constance Vidor : "Les artisans ne sont pas assez accompagnés"

Pour Constance Vidor, couturière chez "Constance Couture" à Martel, lauréate de la Fondation de la 2e chance et 1er prix départemental des métiers d’art, les députés ne connaissent pas suffisamment les réalités de la campagne où de nombreux petits artisans mènent une vie dure, faute d'accompagnement. Constance Vidor était l'invitée de Christophe Bordet le 18 janvier 2019, dans son émission spéciale en direct de Souillac où Emmanuel Macron rencontre 700 maires d'Occitanie.

Thumbnail

Constance Vidor : "Le commerce dans nos campagnes, c’est l’humanité, l’écoute, les rapports humains"

À la question de Christophe Bordet de savoir si Emmanuel Macron pouvait sauver nos campagnes, Constance Vidor a répondu : "Est-ce que c’est à lui de sauver nos campagnes ? Si nous-mêmes, habitants de territoires ruraux, n’avons pas cette envie, rien ne se fera. N’attendons pas tout de l’État-providence".

Constance Vidor est également revenue sur son parcours difficile. "J’ai perdu toute ma famille, mon travail et je me suis retrouvée au minimum social. Mais j’ai été aidée par des gens merveilleux. Grâce à leur aide, j’ai créé ma boutique-atelier. Et la première chose que j’y ai fait, c'est d’installer deux fauteuils et une table. Parce que c’est ça aussi, le commerce dans nos campagnes. C’est le fait de recevoir les gens. C’est l’humanité, l’écoute, les rapports humains", nous a-t-elle raconté.

"Quand on est dans une situation précaire, on doute de soi avant de douter des autres. Mais quand on commence à croire en soi et qu’on voit que les gens croient en nous, on croit encore plus en soi. Et là, on devient un exemple", a-t-elle poursuivi.

Constance Vidor : "Les députés sont parfois très loin de la réalité"

Pour Constance Vidor, les députés ignorent souvent les réalités de la campagne. "Je suis pour une démocratie participative. Nous avons des députés qui votent des lois, qui réfléchissent, mais qui sont parfois très loin de la réalité. Nous, sur le terrain, on vit cette réalité. Je vis la vie des artisans qui créent une entreprise. Savez-vous que 75% des artisans en micro-entreprise déposent le bilan avant les cinq ans ? Parce que nous ne sommes pas assez accompagnés", a-t-elle estimé.

Le mouvement des "gilets jaunes", Constance Vidor affirme l’avoir senti venir. "Ça fait un an que tout le monde vient me parler des difficultés. C’est vrai que j’essaie d’être un exemple, mais c’est tellement difficile. Mon ACCRE s’est terminée et je n’ai pas droit à la prime d’activité. J’ai un bénéfice de 600 euros par mois. Comment puis-je vivre ? Comment vais-je pouvoir payer l'URSSAF dans trois mois ? Si je ne trouve pas de solution, dans trois mois, je mettrai la clé sous la porte", nous a-t-elle confié.