Intermittents: "Je fais le tour des copines avec colis alimentaires et produits d'hygiène"

Théâtres, cinémas, salles de spectacle à l’arrêt... C'est l’un des secteurs les plus durement touchés, comment venir en aide au monde de la culture ? Emmanuel Macron doit dévoiler des premières mesures ce mercredi. Franck Riester a déjà assuré que les intermittents bénéficieront d'un dispositif pendant l'été. Mais le ministre de la culture n’a pas encore tranché sur l’année blanche qu’ils réclament. Et le moins qu'on puisse dire, c’est que le temps presse car certains sont dans des situations très critiques.

Le théâtre de la Michodière à Paris - photo d'illustration. (Michodi-Valérie Bellec / Wikipédia)
Reportage Sud Radio de Lionel Maillet

 

Parmi ses collègues intermittentes, la situation est à ce point tendue que certaines n’ont même plus de quoi se payer à manger. C’est là qu’intervient Catherine Lecoq de la CGT spectacle dans la région PACA:

"Moi, par exemple, je m'occupe d'apporter des colis alimentaires et de produits d'hygiène de première nécessité. Effectivement j'ai fait le tour des copines dans des structures musicales, qui font des spectacles ou des concerts, et qui n'ont plus rien !" - Catherine Lecoq, CGT spectacle PACA

 

Une année blanche pour ne pas perdre ses droits lors du re-calcul des heures?

Il y aura des aides pour les mois d’été assure le ministre de la culture. Elle s’en sort grâce au chômage partiel mais jusqu'à quand ? C’est toute la question pour Isabelle Desmero qui est chanteuse: "C'est pas deux mois qui vont nous mettre dans la merde ! C'est un an voire deux ans qui vont être compliqués !" Ce que réclament aussi les intermittents c’est surtout une année blanche qui permettrait de limiter la casse explique cette comédienne marseillaise.

"Pour l'instant, on va être une majorité énorme à ne pas avoir nos heures au re-calcul de nos droits. L'année blanche permettrait qu'on redonne les droits pour une année, comme si on avait pu travailler correctement" - Une comédienne de Marseille

Les intermittents qui attendent beaucoup des annonces du président ce mercredi.

 

Un vrai plan de relance, sans quoi "on n'a pas idée du choc" pour la culture

Ce qu’il faut, c’est un vrai plan de relance, réclame Catherine Lecoq la déléguée de la CGT spectacle dans la région PACA:

"Un chantier énorme. On n'a pas idée de l'onde de choc qui va suivre ce coronavirus si l'Etat ne prend pas en considération l'urgence absolue de mettre en  place un plan de relance et d’urgence vis à vis de nos partenaires sociaux. Cela fait deux mois que nos syndicats  salariés et employeurs essayent vainement de faire passer toutes les préconisations nécessaires à ce que ce monde de la culture ne s'effondre pas. Pour l'instant, c'est sourde oreille !" - Catherine Lecoq, CGT spectacle PACA