Gabriel Yared : "Mes premiers souvenirs remontent toujours à des souvenirs musicaux"

André Bercoff et Céline Alonzo reçoivent l'un des plus grands compositeurs de musiques de films : Gabriel Yared oscarisé pour Le Patient Anglais d'Antony Minghella et césarisé pour L'Amant de Jean-Jacques Annaud, vendredi 7 juin, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

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Gabriel Yared : "Mes premiers souvenirs remontent toujours à des souvenirs musicaux"

A l’occasion de ses 40 ans de carrière, Gabriel Yared raconte son roman d’amour de musicien avec le cinéma mondial. Comment est né cet amour de la musique ? "Je crois que je suis né avec ça. Je suis reconnaissant à cette grâce qui m'a donné un don dans un environnement où il n'y avait aucun artiste. Personne ne s'intéressait à la musique dans ma famille. Il n'y avait ni musicien ni mélomane. Mes parents aimaient les chansons du festival de San Remo à l'époque : mon père me sifflait des javas quand je jouais de l'accordéon, mais en dehors de cela ils ne s'intéressaient pas vraiment à la musique. Pour autant que je me souvienne, (...) mes premiers souvenirs remontent toujours à des souvenirs musicaux. Au pensionnat, le samedi le surveillant général au moment de dormir nous mettait toujours le même disque, la Rapsodie hongroise numéro 6 de Franz Litz. Et moi j'écoutais ça, j'étais tellement pénétré que je n'arrivais pas à dormir. Ce sont mes premiers souvenirs."

André Bercoff, lui aussi né à Beyrouth, raconte que lorsqu'il était petit, ses parents lui disaient que journaliste n'était pas un métier. En est-il de même pour Gabriel Yared ? "Tout à fait ! J'ai été obligé de faire deux ans de droit. J'ai fait ces deux ans car il y avait une porte qui donnait sur la cathédrale de l'université Saint Joseph et j'avais les clés pour aller jouer de l'orgue." Céline Alonzo lui demande alors s'il a appris par lui-même. "Je suis totalement autodidacte ! On dit toujours 'J'ai découvert', mais découvrir c'est enlever le couvercle de quelque chose qui est déjà en soi. Toute cette musique que j'ai découverte, tout cet attrait cette passion dévorante pour la musique était déjà en moi. Il y avait donc deux choix possibles : soit être un autodidacte avec une oreille impeccable, soit je prenais les moyens pour avancer musicalement. Et les seuls moyens disponibles pour moi c'était la lecture. Lire les notes."

"Le déchiffrage d'une partition est devenu pour moi comme lire un livre"

Il raconte encore : "Le déchiffrage d'une partition est devenu pour moi comme lire un livre." Est-ce que cela a été une certitude dès le départ ? "Il n'y avait que ça et il n'y aura que ça toute ma vie ! Lorsque l'on me demande ce qu'et la musique, je réponds que c'est une respiration. On ne peut pas arrêter de respirer. Pendant mes deux ans de droit, je partais par la petite porte et allais étudier les partitions de Bach. Au Liban. j'ai eu la chance de rencontrer l'organisateur du festival du Maracana à Rio de Janeiro qui était marié à une Libanaise. Je suis parti au Brésil pour quinze jours, et ça m'a tellement plus que je suis resté deux ans. Au retour je me suis arrêté à Paris et j'y suis resté."

Avant d'être un grand compositeur, il a été orchestrateur de grands noms de la variété française comme Charles Aznavour, Sylvie Vartan et Johnny Hallyday, entre autres. Quels souvenirs garde-t-il de cette période ? "C'est un pur hasard si j'ai commencé par l'orchestration, je n'avais pas appris l'orchestration. Quand je suis revenu en France, j'ai fait la rencontre des frères Michel et Georges Costa et nous avons mis en commun douze chansons. CBS a accepté que l'on enregistre ces chansons en anglais, mais avec un petit budget. Comme il fallait quelqu'un pour les orchestrations c'est moi qui les ai écrites. Je l'ai fait au toupet ! Et l'information est passée comme ça : il y a un nouvel orchestrateur à Paris. La première chanson pour les vedettes que j'ai enregistrée c'était le seul duo entre Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, 'J'ai un problème'. J'ai continué ainsi pendant cinq ans dans l'orchestration. Tout ce que je gagnais je l'ai mis de côté pour acheter des partitions et continuer à apprendre."

 

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