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Régis Le Sommier : "La guerre en Ukraine, c’est Verdun plus les drones"

Par Jean Baptiste Giraud

Régis Le Sommier, directeur de la rédaction d'OMERTA et grand reporter, était l'invité de "Bercoff dans tous ses états" le 29 mars 2023 sur Sud Radio.

Régis Le Sommier
Régis Le Sommier, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Régis Le Sommier, qui se rend souvent dans le Donbass, publie un livre :  "Jusqu’au dernier Ukrainien" (Max Milo Éditions).

 

Régis Le Sommier : "Je veux rappeler la nature humaine de cette guerre"

"De ce que j’ai vu, [dans le Donbas] c’est Verdun plus les drones. Je dis Verdun parce que le paysage est très similaire : on voit des arbres brûlés, et des maisons il ne reste que les socles, des petits murets d’un mètre de haut, et les soldats sont enterrés dans les caves et circulent dans des tranchées. Le grignotage de territoire entre russe et ukrainiens a lieu depuis des mois. Dans mon livre je veux rappeler la nature humaine de cette guerre, même si elle est monstrueuse, ce que ça coûte tous les jours et quelle est la vie de ces hommes", a déclaré Régis Le Sommier.

 


"L’armée ukrainienne a une efficacité plus importante que l’armée russe. L’armée russe a ses forces : la masse critique, l’artillerie… Mais contrairement aux armées occidentales, l’armée russe fait très peu usage des sous-officiers, ce dédoublement des officiers au milieu de la troupe, cette courroie de transmission. C’est plutôt la domination du chef sur ses troupes. En Russie ça a toujours fonctionné comme ça. L’Ukraine, elle, a adopté bien en amont les critères de l’OTAN de formation des officiers et sous-officiers, ces critères correspondent à ce qui se fait dans les armées occidentales. Tout ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Cela s’est même fait bien avant cette guerre", a également expliqué Régis Le Sommier.

"Ce n’est pas à force d’incantations qu’on va arriver à cette victoire"

"Dans les années 2000 je couvrais la guerre d’Irak. Quand on revenait, le sujet sortait, et on se disait : 'peut-être que nos confrères vont le remarquer'. Mais on revenait ici, on était satisfait, on était très content d’être rentré en vie. Mais aujourd’hui, ce qui est terrible, c’est que vous allez dans le Donbas, vous revenez et quand vous êtes sur un plateau télé, vous avez face à vous des gens qui n’y sont jamais allés, qui n’ont jamais entendu siffler une balle, qui vous disent : 'non, non, ça n’a aucune importance'. Vous vous faites flinguer à domicile. Et ça, c’est insupportable.

 


On peut souhaiter la victoire de l’Ukraine. Mais la souhaiter au prix de déformer la réalité ou de ne pas vouloir voir ce qui se passe en face, je trouve que c’est préjudiciable pour notre profession et notre santé mentale. Ce n’est pas à force d’incantations qu’on va arriver à cette victoire. Si on montre que les choses se passent pas si bien pour les Ukrainiens et pas si mal pour les Russes, est-ce que ça vaut d’être condamné pour ça ?", a poursuivi Régis Le Sommier.


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Retrouvez “Le face à face” d'André Bercoff chaque jour à 12h30 dans "André Bercoff dans tous ses états" Sud Radio.

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