François Belley : On n’existe désormais que par la polémique, le clash et le trolling.

François Belley, auteur du livre “Le nouveau spectacle politique" (Éditions Nicaise), était l'invité de "Bercoff dans tous ses états".

François Belley
François Belley, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio

Pour François Belley, les réseaux sociaux ont bouleversé la politique. Non seulement on est aujourd'hui dans un monde horizontal, mais dans le monde politique on n'existe aussi que par la polémique.

François Belley : "Pour moi politique égal spectacle"

"Le point de départ de mon livre, c’est les réseaux sociaux, qui représentent pour moi le point de basculement dans le monde d’après. Les politiques fixent le début du monde d’après au début du Covid-19, alors que moi, qui suis attentivement l’air social médiatique, je le fixe au moment des réseaux sociaux. En d’autres mots, 2004 à 2006, soit la création de Facebook, de Twitter et de YouTube.

Il est intéressant pour moi de construire une critique des réseaux sociaux car on en vit l’âge d’or. Nous sommes 15 ans après la création de ces réseaux-là, et pouvons en mesurer raisonnablement les conséquences, l’impact de ces plateformes sur le champ social… mais très peu sur le champ politique. Et au politique j’associe le spectacle, car pour moi politique égal spectacle", a déclaré François Belley.

"Dans le monde des réseaux sociaux, on est dans une logique horizontale, la logique many-to-many"

Dans son livre, François Belley note trois changements. "Le premier, c’est le changement du paradigme du spectacle politique. Dans le monde d’avant, avant les réseaux sociaux, on était dans la verticalité. On était dans le modèle one-to-many, c’est-à-dire qu’il y avait une poignée de personnalités qui pouvaient s’adresser au plus grand nombre. Aujourd’hui, dans le monde des réseaux sociaux, on est dans une logique horizontale, la logique many-to-many.

Ensuite, il y a le changement au niveau de la nature du spectacle politique. Dans le monde d’avant on était dans la séduction, dans la recherche d'adhésion. On était là pour plaire. On était dans la recherche du consensus. Avec l’arrivée des réseaux sociaux on est dans la recherche du dissensus vendeur. On n’existe désormais que par la polémique, le clash et le trolling.

Enfin, il y a l’inversement du spectacle. On est passés du professionnel de la politique au néo-politique, en d’autres mots Monsieur Toutlemonde qui fait de la politique et rentre dans le débat public. On est rentrés dans l’ère du néo-politique avec les Gilets jaunes, où la figure du manifestant était presque plus audible que le politique. Et l’autre âge d’or, c’était pendant le Covid, où celui que j’appelle l’épidémiologiste de plateau était presqu’un politique comme un autre."

 

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