Mediapart publie ce mardi 19 octobre 2026 une enquête qui devrait faire parler et ouvrir une controverse politique qui pourrait virer au scandale d'Etat, si cette révélation est bel et bien confirmée L'article publié par le média en ligne affirme que le gouvernement aurait délibérément demandé aux renseignements territoriaux d’établir un lien entre le parti La France insoumise (LFI), et les violences du 17 octobre.
Des sources policières et au sein des renseignements territoriaux
Ces accusations graves s'appuient sur le témoignage de plusieurs sources au sein des renseignements territoriaux et de la police. Un commissaire des services de renseignement a affirmé avoir eu pour consigne de cibler le parti de Jean-Luc Mélenchon. Il est notamment question d'échanges écrits le 18 octobre et consultés par Médiapart.
"On nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement"
Un commissaire du renseignement territorial aurait écrit : « On nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des RT. » Ces affirmations, certes, de l'ordre du témoignage et non, d'une preuve officielle ou d'une décision de justice, sèment le doute.
Un ciblage sans réserve
Dès samedi soir lors de sa première prise de parole sur les casses et pillages, Laurent Nuñez n'avait eu de cesse de pointer du doigt et de mentionner "l'ultragauche", tandis que les différents membres du gouvernement ont insisté sans réserve sur la "casse des blackblocs", de groupes d'extrême-gauche ou lfistes, alors même que le profil des casseurs restait incertain.
D'ailleurs, 72 heures après les faits, on découvre suite aux interpellations, gardes à vue et autres comparutions immédiates que le panel des responsables est grand, avec des profils aussi variés que les revendications du mouvement.
Des révélations "stupéfiantes" pour LFI
« Ce n’est absolument pas ce que je peux confirmer » : la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a affirmé ne pas pouvoir "confirmer" que les auteurs des violences étaient « politisés vers l’ultragauche ». LFI n'est ni disculpée, ni reconnue coupable : il n'existe simplement pas de lien formel entre le parti et les violences en marge des manifestations.
"Stupéfiantes". Les révélations Médiapart ont sonné Clémence Guetté. La vice-présidente de l’Assemblée nationale accuse le gouvernement d’avoir ordonné un mensonge collectif pour nuire à LFI. Un soupçon de manipulation d'opinion publique qui, s'il est avéré, serait gravissime à ce niveau hiérarchique de l'Etat.
Ces révélations de Mediapart sont stupéfiantes. Les services de renseignement ont reçu l'ordre du gouvernement de mentir afin d'accuser La France insoumise d'être responsables des violences du 17 octobre. C'est un commissaire des services de renseignement qui le confirme : "On nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des RT (Renseignements Territoriaux)." Le ministre de l'Intérieur donne donc aux services l'ordre de donner de fausses informations, de mentir, pour nuire à la première force d'opposition. C'est un scandale. Le pouvoir est incapable de gérer le chaos qu'il a mis dans le pays, il doit cesser de tenter d'en sortir par des dérives autoritaires dangereuses. https://t.co/bwPcJZ15Wi
— Clémence Guetté (@Clemence_Guette) October 19, 2026
"Un scandale d'Etat !"
Un « scandale d’État. Je vais saisir la Cour de justice de la République contre le ministre Nuñez, parce que fabriquer des faux documents... faire ce qu'on appelle de l'abus d'autorité, c'est-à-dire donner des consignes qui vont au-delà de ses prérogatives, ce sont des délits », a déclaré de son côté le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard.
Tout de même, ce recours ne sera engagé que si les rapports du renseignement ont effectivement été falsifiés. L'accusation est au conditionnel.
J'alerte sur une véritable scandale d'État. Selon Mediapart, le gouvernement a obligé les renseignements territoriaux à imputer la responsabilité du 17 octobre à La France insoumise « alors que c'est objectivement faux ». Je saisis la Cour de justice de la République contre le ministre de l'Intérieur
— Manuel Bompard (@mbompard) October 20, 2026
A cette heure, le gouvernement continue de pointer une « responsabilité morale et politique » de LFI tandis que le ministère de l’Intérieur dément avoir demandé aux services de renseignement de produire de telles analyses ou de désigner LFI.
Interrogé ce mardi à l'assemblée nationale, Laurent Nunez a déclaré que « les services de renseignement dans ce pays ne travaillent pas sur les partis politiques ».