Près de 2300 commerces et des dizaines de bâtiments publics pillés, endommagés ou détruits, des marchandises et des équipements dérobés,... Partout dans le pays, le bilan s'annonce lourd, très lourd après la vague de violences et les scènes de guérillas urbaines qui ont émaillé samedi 17 octobre l'ensemble de la France.
D'ores et déjà, l'addition s'annonce salée en raison de l'ampleur économique des dégâts. Même s'il est encore trop tôt pour chiffrer précisément le préjudice, le précédent de 2023 permet d'avoir un ordre d'idée.
Près de 800M€ après la mort de Nahel en 2023
Il y a trois ans, après la mort de Nahel, 11 jours d'émeutes et plus d'un millier de personnes blessées dont 782 agents des forces de l'ordre, 16 400 sinistres précisément avaient été déclarés aux assureurs pour un montant de 793 millions d'euros.
Ce montant qui ne représente qu'une part des dommages aux biens est déjà 4 fois supérieur à celui des émeutes de 2005, consécutives aux morts de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois. De toute évidence, on se dirige donc très probablement vers un chiffre qui sera supérieur, très certainement entre 500 millions et 1 milliard d'euros. Le gouvernement a réagi, le ministre du commerce Serge Papin a promis une mobilisation à Bercy et un point global va avoir lieu avec les représentants des banques, des assurances afin de déterminer les moyens pour y répondre.
Chômage partiel, report des charges et prêts garantis
Mais concrètement, que peut faire dans les plus brefs délais l'Etat pour ces commerçants et chefs d'entreprise concernés par ces pillages et casses ? Des outils existent, comme le chômage partiel immédiat, le report de charges, des prêts garantis par l'État. Mais l'expérience des crises précédentes montre que le délai entre la promesse et le versement effectif est souvent le problème. Les trésoreries des PME ne tiennent pas six mois. A ce stade, tout l'enjeu repose sur la vitesse de mobilisation de l'Etat et des compagnies d'assurance.