Jacques Cardoze : Est-ce que vous auriez, vous en tant que députée européenne, voté en faveur de la suppression de l'abattement fiscal de 10 % pour les retraités qui a été rejeté hier par les députés ?
Sarah Knafo : « Pour moi, il ne faut avoir aucun sujet tabou, ni sur les retraités, ni sur aucun sujet. En revanche, je vais vous dire, tout ça, il s'agit d'expédients. En réalité, lorsque les députés votent sur ce genre de mesure, qu'est-ce qu'ils nous disent ? Ils nous disent : on fait tout ça pour pouvoir sauver le système par répartition. Je considère que c'est le pire objectif. Ce système est de toute façon condamné à mort. Donc il ne faut pas tenter par tous les moyens possibles et imaginables d'aller essayer de le sauver. Il faut au contraire passer urgemment à la retraite par capitalisation.
C'est la seule vraie mesure qui nous permettra de protéger les actifs de ce système ruiné qui est le système par répartition. Juste pour vous rappeler pourquoi je dis qu'il est condamné à mort — les mots sont forts — : quand on l'a créé initialement, il y avait quatre actifs pour un retraité. Aujourd'hui, vous avez 1,7 actif pour un retraité. On veut aller jusqu'où ? Est-ce qu'on pense que les actifs vont demain devoir donner tout leur salaire pour les retraités d'aujourd'hui ? Et je vais même aller plus loin en vous disant que même pour les retraités d'aujourd'hui, ce système est une ruine en réalité. »
💰Système de retraites 🗣️@knafo_sarah : "Ce sytème par répartition est condamné à mort. Il faut passer au système par capitalisation" #GrandMatin 📻https://t.co/LIMgdJRBVG https://t.co/lc7QvaFNpW
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Retraites : "Le plus simple serait de ne rien faire"
Vous n'allez pas passer à un autre système comme ça par un coup de baguette magique, vous savez bien que ça ne peut pas fonctionner comme ça dans ce pays.
« Ce qui serait le plus simple en fait, ce serait de ne rien faire, de faire comme tous les autres présidents, de mettre la poussière sous le tapis, d'attendre encore 5 ans avec ce système ruineux. À l'inverse, ce qu'on doit faire dès maintenant, c'est-à-dire dès le jour de l'élection, c'est commencer à passer au système par capitalisation. En commençant petit à petit, c'est-à-dire au départ une dose, ensuite on continue année après année avec l'objectif du remplacement intégral de ce système par le système par capitalisation qui, je le répète, aurait aujourd'hui enrichi les Français, enrichirait les actifs dès demain, dès le jour où on commence à l'appliquer, et aurait enrichi les retraités.
Aujourd'hui, pour un retraité qui a gagné 2 000 € net toute sa vie, sa retraite sera de 1 500 €, c'est-à-dire à peine plus que le minimum vieillesse que touche n'importe quel étranger qui n'a jamais cotisé. S'il avait capitalisé cet argent, aujourd'hui ce monsieur serait millionnaire. Voilà le système ruineux que je veux combattre. »
💰Revers du gouvernement sur les retraites 🗣️@knafo_sarah : "Les députés sont socialistes ! La droite de notre pays, elle est biberonnée au socialisme, c'est 50 nuances de rouge" #GrandMatin 📻https://t.co/LIMgdJRBVG https://t.co/i6bBjKyi27
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"Les députés ont une approche économique socialisante"
Hier, les députés ont manqué de courage en tous les cas, et c'est à l'image du constat que vous faites ?
« Tout à fait. Les députés, je dirais que c'est même pire que de manquer de courage. Ils sont socialistes, ils ont une approche économique socialisante. Ils ont été biberonnés à ça depuis l'élection de François Mitterrand en 1981. Donc je vais vous dire que même la droite aujourd'hui de notre pays pense qu'elle est de droite, mais en réalité elle est biberonnée au socialisme. Je dirais que ce n'est pas étonnant quand on voit l'endoctrinement à l'école, l'endoctrinement depuis le plus jeune âge puis à l'université.
J'ai fait par exemple des études d'économie à la Sorbonne. On me laissait le choix entre Marx et Keynes, 50 nuances de rouge, et au-delà de ça rien n'existait. Donc quand on voit cet endoctrinement, on comprend que la droite aujourd'hui, elle aussi, soit en réalité socialiste. C'est malheureux pour le pays d'avoir uniquement ces 50 nuances de rouge. Moi je dis heureusement que nous sommes là avec Reconquête pour défendre une position économique de droite sérieusement et sans les expédients que nous proposent les autres. »
"Notre programme est véritablement le plus sérieux"
Le problème, c'est que lorsque l'on parle de Reconquête et qu'on regarde les sondages, Éric Zemmour est aujourd'hui à 3 % des intentions de vote. Qu'est-ce que vous en déduisez, que le libéralisme ça ne fonctionne pas dans ce pays ?
« J'ai connu d'autres élections où vous aviez des gens qui étaient très bas dans les sondages. On pourrait citer Giorgia Meloni qui était à 2 % pendant qu'il y avait un gros parti à côté qui était à 30 %, le parti de Monsieur Salvini.
Aujourd'hui elle est à 30 % et Salvini est à 2 %, les choses vont très vite. Il y a une campagne présidentielle qui s'ouvre et je dirais que tous les 5 ans, on a 6 mois pendant lesquels les Français sont de nouveau disponibles pour comparer les programmes et choisir. Donc je dirais que je suis assez confiante sur les mois qui viennent parce que quand je regarde le programme des autres, je me dis que notre programme est véritablement le plus sérieux. »
🗳️Zemmour sondé à 3% pour la #Présidentielle2027 🗣️@knafo_sarah : "Je ne suis pas intimidée par le sondage des autres. Ceux qui se croient propriétaires de leurs voix pourraient être demain déçus" #GrandMatin 📻https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/AggHGBbF4x
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Qui trouve grâce à vos yeux dans la classe politique à droite ?
« Je dirais que si des gens trouvaient grâce à nos yeux, il n'y aurait pas de candidature aujourd'hui. »
"Je suis très favorable dans tous les cas à l'union des droites"
On voit bien qu'avec 3 %, vous ne pourrez pas, même avec une grande dynamique, espérer aller très loin. Le seul espoir, ce serait une alliance avec Retailleau, avec Lisnard. Est-ce que c'est une chose à laquelle vous pensez ?
« Je suis très favorable dans tous les cas à l'union des droites. Ce que je pense, c'est que les électeurs doivent pouvoir choisir au premier tour le projet qu'ils veulent voir en tête et ensuite, à partir de là, l'union se forme et chacun doit faire son devoir au second tour. On a un très grand espoir. Je pense que vous manquez un peu d'imagination. Moi, j'ai vécu la campagne de 2022. J'ai vécu cette campagne quand on a commencé à 1 %. En 3 semaines, Éric Zemmour est passé de 1 % à 19 %.
Marine Le Pen à l'époque était déjà à 33 %. Elle est passée de 33 % à 15 % en 3 semaines. Personne n'y croyait à l'époque. Moi j'y croyais. J'ai vu pendant cette campagne qu'on a pu monter très haut et ensuite qu'on a pu redescendre à 7,5 %. Donc ça m'a appris deux choses. Premièrement, l'humilité sur nous-mêmes : il faut savoir que les choses peuvent bouger en un instant, que le peuple français est libre, qu'il peut être déçu par certaines choses et donc prendre ses décisions tout à fait librement.
Mais ça m'a aussi appris à ne jamais être intimidée par les sondages des autres, et ça c'est très précieux. Quand je vois des chiffres à 33 %, je me dis que ça n'est pas éternel. Et ceux qui se croient propriétaires de leurs voix pourraient demain être déçus parce que les Français sont libres. Dans cette période qui va s'ouvrir, les Français feront leur choix librement. Ils compareront les programmes et je peux vous assurer qu'on gagnera à la comparaison. »
Présidentielle : "Je pense qu'on retrouvera l'élan de 2022"
Il est loin l'élan de 2022 en tous les cas pour Éric Zemmour.
« La campagne n'a pas encore commencé, mais je pense qu'on retrouvera cet élan parce qu'on défend les vrais sujets. »
Quel sera l'intérêt d'aller jusqu'au bout si vous plafonnez à 3 ou 5 % ? Pourquoi ne pas faire une alliance tout de suite ?
« Est-ce que vous pensez que seule la personne qui est en tête des sondages doit avoir le droit de se présenter dans notre pays ? À partir de quel score est-ce qu'on peut aller au bout pour défendre ses idées ? Si on fait moins de 20 %, on n'a pas le droit d'aller au bout ? Moi, en économie comme en politique, je suis partisane de la concurrence. C'est la concurrence qui rend chacun meilleur.
Et l'autre nom de la concurrence en politique, ça s'appelle la démocratie. La démocratie, c'est que chacun puisse représenter ses convictions, puisse représenter ses lignes. Je crois que la ligne qu'on représente aujourd'hui en France, personne d'autre ne la représente. Cette ligne qui est à la fois extrêmement ferme sur les sujets régaliens contre l'immigration et cette ligne en économie extrêmement ambitieuse, révolutionnaire sur la partie économique.
Nous, on propose une rupture. Les autres proposent de freiner un peu pour une voiture qui fonce droit dans le mur. Nous, on propose de changer de direction. On propose ce que personne n'a fait dans la classe politique depuis ces 40 dernières années. Cette ligne, elle n'est représentée nulle part. »
"Économiquement, je me retrouve avec Lisnard sur de très nombreux points"
Même pas par David Lisnard ?
« Sur la partie économique, je me retrouve avec David Lisnard sur de très nombreux points. Sur la partie régalienne, vous m'avez entendue, notre discours n'est représenté nulle part. Je dirais que nous, on est à la confluence entre les attentes des électeurs qui ont voté pour Les Républicains et les électeurs qui votent aujourd'hui pour le Rassemblement national et qui attendent des choses extrêmement fermes sur la partie sécuritaire, sur la lutte contre l'immigration. À la confluence de ces deux, il y a un seul parti, il s'appelle Reconquête. »
En tous les cas, vous imaginez bien que pour les Français, c'est incompréhensible cette bataille des droites et ce nombre de candidats, et qu'à un moment donné, il faudra peut-être passer par des alliances.
« L'union des droites, je pense qu'aujourd'hui, on peut dire qu'on est le seul parti qui la propose réellement. Et ce que je dis en réalité, c'est que si les Français veulent cette union des droites, il faut qu'ils votent pour le parti qui a promis et qui a déjà prouvé par le passé qu'il la mettait en place. Lorsque en mars dernier, je me suis désistée au second tour alors que je pouvais me maintenir pour que la gauche ne l'emporte pas — malheureusement elle l'a emporté —, quand j'ai fait ce geste, je pense avoir prouvé que j'étais une véritable partisane de l'union des droites.
Lorsque Éric Zemmour a pris une campagne extrêmement dure avec Marine Le Pen qui l'avait beaucoup insulté, qui avait même traité ses électeurs, lorsqu'il a appelé à voter pour elle au second tour de l'élection de 2022, le soir même et sans rien exiger, aucune circonscription ni rien du tout, qui d'autre a fait ça dans la classe politique ? Qui a fait ces deux gestes à part Éric Zemmour et moi ? Je pense pouvoir vous dire aujourd'hui : malheureusement personne, ni aux Républicains, ni au Rassemblement national.
Ce que je dis à ceux qui nous écoutent : si vous voulez l'union des droites, mettez en tête ceux qui la prôneront, parce qu'en réalité seule la personne qui est en tête d'une élection peut imposer cette union. Lorsque Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête, le jour même il a dit : union de la gauche. Lorsque Marine Le Pen est arrivée en tête, qu'est-ce qu'elle a dit ? Elle a dit : "Je ne veux pas d'Éric Zemmour, mais j'aimerais bien quelqu'un comme Arnaud Montebourg." Préférer le Parti socialiste à la droite, ça n'est pas l'union des droites. »
"Il faut une personne qui puisse réunir la droite"
Vous accusez les autres, mais vous, qu'est-ce que vous faites concrètement ?
« Je viens de vous répondre. Je pense avoir cité deux gestes que personne dans la classe politique n'avait jamais faits. Si je vous dis qu'il faut qu'on soit en tête pour que l'union des droites puisse arriver, c'est que ça doit se faire sur un programme clair, c'est-à-dire que les gens qui nous rejoignent doivent rejoindre un programme.
On a cette campagne qui s'ouvre, c'est la campagne du premier tour. Lors de cette campagne, les électeurs sont libres de mettre en tête le projet qu'ils veulent voir appliquer, la personne qu'ils veulent voir appliquer ce programme, et ensuite il faut que cette personne puisse s'engager dès maintenant à faire son devoir au second tour, c'est-à-dire à réunir la droite. Nous, nous nous y engageons et nous l'avons déjà prouvé par le passé. »
💥Violences dans les manifestations #BlocusLycées 🗣️@knafo_sarah : "L'éléphant dans la pièce : c'est l'immigration. Voir des drapeaux étrangers, palestiniens, entendre "bismillah", mais quel rapport ?" #GrandMatin 📻https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/gsqsx98fPl
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17 octobre : "Tout sera prévu pour qu'ils puissent casser dans les meilleures conditions"
Passons au 17 octobre. Grosse manifestation demain, 250 actions sont prévues, grosse crainte des services de renseignement de débordements d'ailleurs. Est-ce que le gouvernement est à la hauteur de la situation ?
« Évidemment non. Je dirais que pour demain, tout va se passer comme on l'imagine, à savoir que le préfet de police nous dira que tout s'est passé calmement, les casseurs vont arriver, tout sera prévu pour qu'ils puissent casser dans les meilleures conditions. On aura le ministre de l'Intérieur qui viendra nous dire en responsabilité, comme ils disent toujours, qu'il a fait tout ce qu'il pouvait faire. Les casseurs pourront casser en toute impunité. Tout le monde sait que personne ne sera condamné puisque eux ont l'expérience de ce laxisme.
Ils savent que déjà depuis plusieurs émeutes, après n'importe quel match de foot, n'importe quel événement aujourd'hui qui se finit par des casses notamment à Paris, personne n'est sanctionné, ou si peu qu'il y en a peut-être six qui auront un mandat de dépôt et que tous les autres seront libérés. Le laxisme, ils l'ont expérimenté. Je dis qu'il y a deux causes principales à ces casses qu'on voit aujourd'hui dans notre pays : le premier élément, c'est ce laxisme judiciaire, et le deuxième — et c'est l'éléphant dans la pièce —, c'est la question de l'immigration.
Quand on voit aujourd'hui sur les émeutes lycéennes des drapeaux étrangers, des drapeaux algériens, des drapeaux palestiniens, et qu'on nous dit que ça n'a aucun rapport avec l'immigration ; quand on voit que l'un des slogans des manifestations lycéennes c'est devenu Bismillah, là on se dit : quel rapport avec ces émeutes, quel rapport avec des revendications lycéennes ? »
"Pourquoi voit-on des jeunes haranguer la foule en disant "au nom d'Allah" ?"
Il n'y a pas de rapport apparent, mais en quoi la présence de drapeaux inciterait plus ou moins à la violence ?
« Ce que je suis en train de vous dire, c'est qu'on a une classe médiatique qui nous dit que ça n'a aucun rapport avec l'immigration. Moi je dis : en principe, des revendications lycéennes ne devraient avoir aucun rapport avec l'immigration. Alors pourquoi est-ce qu'on voit des jeunes haranguer la foule en disant "au nom d'Allah" ? Pourquoi est-ce qu'on voit des drapeaux algériens et des drapeaux palestiniens dans ces manifestations ? »
💰La France : pays le plus taxé du monde 🗣️@knafo_sarah : "Ce qu'on nous présente comme gratuit : la santé, l'école... C'est faux, c'est hors de prix et les Français le payent rubis sur ongle tous les mois !" #GrandMatin 📻https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/ReUrUWefUP
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Quelle serait la place du gouvernement là tout de suite pour arrêter ce mouvement ?
« Je dirais deux choses. Premièrement, il y a une partie du mouvement qui est légitime, un mouvement de colère qui est légitime d'un peuple français qui n'en peut plus. Il faut entendre cette colère, il faut comprendre pourquoi les Français sont en colère aujourd'hui d'être le peuple le plus taxé du monde, d'avoir l'électricité la plus taxée du monde alors qu'on produit du nucléaire qui pourrait être tellement moins cher, d'avoir aujourd'hui le carburant le plus taxé de tout le continent européen et même du monde.
On peut comprendre cette colère et là il faut y apporter des solutions, pas faire semblant de comprendre sur les plateaux télé, mais proposer des solutions concrètes. Mon objectif et mon rôle, ce n'est pas d'attiser la colère et que les gens en sortant de cette émission tapent du poing sur la table en étant révoltés. Mon objectif, c'est d'apporter les solutions. Donc typiquement, sur cette crise du pouvoir d'achat, j'ai des solutions très concrètes dans ce livre, Le casse du siècle, dont vous avez parlé. »
Il faut que "chacun puisse enfin vivre de son travail"
C'est-à-dire ?
« Supprimer la CSG d'activité pour que tous les actifs de ce pays gagnent 10 % de salaire en plus. Baisser les taxes sur les carburants et supprimer les certificats d'économie d'énergie pour que le litre d'essence aujourd'hui revienne à 1,80 € du litre. Chacun peut aller voir combien il gagne sur un site internet que nous avons créé qui s'appelle CombienJeGagne.fr, où ils inscrivent leur voiture, le nombre de kilomètres qu'ils font par semaine, et ils voient combien ils récupèrent concrètement en pouvoir d'achat avec nos mesures.
Bref, la solution aujourd'hui pour calmer la colère durablement, pour que les Français puissent enfin s'enrichir, c'est de baisser massivement les dépenses publiques pour pouvoir baisser massivement les impôts et que chacun puisse enfin vivre de son travail. »
"L'école et la l'hôpital sont hors de prix"
L'un des passages marquants de votre livre, Le casse du siècle, c'est que vous additionnez les charges sociales, vous dites qu'un salarié payé au salaire médian à environ 2 000 € net par mois aurait pu investir 1 million d'euros gagnés au cours de sa vie au lieu de le donner à l'administration si on devait éliminer toutes ces cotisations salariales, patronales, CSG, CRDS. Très bien, mais dans le même temps, vous comptez la charge mais vous oubliez la contrepartie.
« Vous citez une phrase qui n'est pas dans mon livre. Ce que je dis, c'est qu'il faut regarder ce qu'on nous présente aujourd'hui comme une santé gratuite, une école gratuite, un hôpital gratuit, et qui en réalité est hors de prix. Les Français le paient rubis sur ongles tous les mois. Un salarié à 2 000 € net, son patron a dû débourser pour lui 4 000 €. C'est son salaire brut, 4 000 €. Donc 2 000 € ont disparu, c'est 2 000 € de charges.
Je dis que sur l'ensemble d'une carrière, en effet, un salarié qui gagne 2 000 € net par mois paie tout au long de sa carrière 1 million d'euros de charges, donc de cotisations pour l'État. Ce que je dis, c'est que le principe d'une assurance, tout le monde peut le comprendre : c'est normal, pertinent et rationnel de se dire qu'on va mettre de l'argent de côté au cas où un jour on serait malade, au cas où un jour on serait au chômage, quand on sera un jour à la retraite. C'est normal de vouloir mettre de l'argent de côté pour s'assurer contre certains risques.
🔴@knafo_sarah : "Il faut supprimer 800 000 postes dans le service public. (...) Il faut combattre la bureaucratie et arrêter de croire à la fable de la gratuité" #GrandMatin 📻https://t.co/LIMgdJS9Le https://t.co/9CSg80Bb89
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"Nous sommes le pays le plus taxé du monde"
La question que je pose dans ce livre, c'est : est-ce que cette assurance est performante ? Qu'est-ce qu'on obtient en face de ce million d'euros ? On obtient des services d'urgence saturés où il faut attendre 6 heures avant de réussir à arriver aux urgences, on obtient un territoire qui est considéré à 87 % comme un désert médical par l'INSEE, on obtient un Fisc qui se fait pirater nos données fiscales, on obtient un pays où on ne sait pas éteindre nos feux de forêt parce qu'on manque de Canadairs. On obtient des écoles — vous en avez vu aujourd'hui avec ces manifestations le résultat —, on obtient un niveau de mathématiques inférieur à celui de l'Albanie, on obtient en échange de ce million d'euros des services publics qui déclinent.
Nous sommes le pays le plus taxé du monde et nous n'avons pas en retour les meilleurs services publics du monde. C'est ça que j'appelle le casse du siècle. Et moi, j'ai voulu enquêter sur cet argent, c'est-à-dire voir où disparaissait l'argent, comment il est possible d'être taxé le plus au monde et de recevoir en échange ce genre de services publics. Donc j'ai suivi l'argent. J'ai suivi l'argent de la santé par exemple : voilà ce qu'un salarié donne chaque mois pour sa santé et voilà comment l'argent se perd en route.
L'argent se perd dans la bureaucratie, il se perd dans l'administration, il se perd dans des procédures qu'on va exiger des soignants à tel point que la Cour des comptes nous dit que les soignants passent 50 % de leur temps à des tâches administratives. C'est ce système qu'il faut combattre : il faut une simplification normative énorme, il faut supprimer 800 000 postes dans la fonction publique administrative, ce qui rapportera 40 milliards d'économies par an. Cet argent, il faut le rendre aux Français. L'objectif, ce n'est pas uniquement d'améliorer de grands chiffres macroéconomiques difficiles à comprendre. L'objectif, c'est que les Français puissent enfin regarder dans leur poche la richesse qu'ils ont produite au lieu de donner la moitié à un État qui la dépense n’importe comment. »
"Je suis attachée au service public"
Dans votre monde rêvé, qui financerait les hôpitaux, les profs, les policiers ?
« Comme je viens de vous répondre, c'est normal que les Français mettent leur argent pour pouvoir avoir un jour une assurance contre les risques, mais ce qu'il faut toujours interroger, c'est la performance de cette assurance. Moi je ne dis pas que demain personne ne doit financer les services publics. Au contraire. Moi je pense que quand on veut vraiment sauver le service public, il faut combattre la bureaucratie.
Je suis attachée au service public comme tous les Français et ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, malheureusement, ils ne sont pas efficaces alors qu'ils sont payés très cher. Il ne faut pas croire à cette fable de la gratuité : l'école n'est pas gratuite, l'hôpital n'est pas gratuit, on les paie hors de prix. Chaque foyer français paie 240 € par mois pour l'école française, et parfois ils doivent même payer le double en cours particuliers tellement le niveau a baissé. La gratuité n'existe pas. Il faut que chacun prenne conscience de tout ce qu'il paie pour pouvoir exiger le meilleur et donc améliorer enfin nos services publics. »