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Philippe Spanghero : « les franchises sud-africaines ne quitteront pas la Champions Cup »

Alors que plusieurs médias britanniques, dont The Times, ont évoqué ces derniers jours un possible retrait des franchises sud-africaines de la Champions Cup et de la Challenge Cup, Philippe Spanghero apporte un éclairage bien différent dans sa chronique En Avant l’Éco sur Sud Radio.

D'après Philippe Spanghero, les franchises sud-africaines ne quitteront pas la Champions Cup
D'après Philippe Spanghero, les franchises sud-africaines ne quitteront pas la Champions Cup

Selon lui, l’idée existe bien au sein de la fédération sud-africaine, mais les propriétaires des franchises y sont fermement opposés.
Les informations relayées récemment par The Times évoquaient une réflexion de la fédération sud-africaine (SARU) autour d’un abandon des compétitions européennes, sur fond de surcharge du calendrier et de protection des joueurs. Mais pour Philippe Spanghero, la réalité est plus nuancée et surtout très éloignée d’un départ acté.

« J’ai des infos toutes fraîches, assez loin de ce qu’on a lu »

À l’antenne de Sud Radio, dans sa chronique "En Avant l'Eco", Philippe Spanghero affirme sans détour avoir été surpris par l’emballement médiatique autour d’un supposé départ sud-africain.

« J’ai été très surpris quand j’ai vu cette information », explique-t-il, rappelant un élément central souvent oublié dans le débat : « les franchises sud-africaines ne sont pas directement liées à l’EPCR », organisateur de la Champions Cup et de la Challenge Cup, avant de reprendre : « leur intégration passe d'abord par l'URC », le championnat réunissant notamment provinces irlandaises, franchises galloises, écossaises, italiennes et sud-africaines.

Les franchises d’Afrique du Sud y ont même trouvé un modèle économique viable et sont devenues actionnaires de cette organisation. Une architecture qui change complètement la lecture du dossier

« Sortir des Coupes d’Europe, ce serait déséquilibrer tout le modèle »

Pour lui, la mécanique est simple : l’accès aux compétitions européennes dépend directement du classement dans leur championnat. « En fonction de votre classement dans l’URC, vous jouez soit la Champions Cup, soit la Challenge Cup ».

Autrement dit, un retrait unilatéral des franchises sud-africaines viendrait bouleverser l’équilibre institutionnel et économique construit depuis leur arrivée dans le rugby européen.

« Dire demain : on ne joue plus cette compétition-là, ça revient à fausser complètement la règle de l’URC envers l’EPCR et à déséquilibrer tout le modèle », insiste-t-il. Une analyse qui tranche avec les annonces relayées dans plusieurs médias britanniques et reprises ailleurs en Europe.

The Times avait notamment affirmé que l’Afrique du Sud envisageait sérieusement de quitter les compétitions européennes pour préserver ses internationaux.

« Cette fuite vient de la SARU »

Philippe Spanghero ne balaie toutefois pas totalement le sujet. Selon ses informations, la réflexion existe bel et bien, mais elle émane avant tout de la fédération sud-africaine.

« La SARU s’inquiéterait du calendrier infernal imposé à ses internationaux, pris entre URC, Coupes d’Europe et calendrier des Springboks ». Plusieurs sources sud-africaines évoquent effectivement une révision globale des compétitions au nom du bien-être des joueurs.

Mais il pointe surtout un conflit interne. « Cette fuite de cette semaine vient de la SARU », affirme-t-il. Selon lui, la fédération « ne voit pas grand intérêt » dans les compétitions européennes et souhaiterait remettre en question leur place dans le calendrier.

Face à elle, les dirigeants économiques du rugby sud-africain campent sur une position inverse : « les patrons et les mécènes des franchises sont complètement opposés à ça. »

Une opposition qui n’est d’ailleurs pas isolée : plusieurs propriétaires de franchises ont publiquement défendu leur présence en Champions Cup, certains menaçant même de revoir leurs investissements en cas de retrait forcé.

« Il y a un écart de vision très important »

Pour Philippe Spanghero, la situation actuelle ressemble davantage à un bras de fer interne qu’à un divorce avec l’Europe. Une réunion entre représentants des franchises et fédération sud-africaine doit prochainement avoir lieu pour clarifier les positions. « Je ne pense pas qu’on aille au bras de fer, mais il y a un écart de vision très important entre la fédération et ses franchises. »

L’ancien joueur rappelle aussi que l’EPCR a tout intérêt à conserver l’Afrique du Sud dans son écosystème. L’ouverture vers ce marché représente un levier stratégique en matière de diffusion et de droits télévisés. « L'EPCR a un vrai intérêt à avoir intégré les Sud-Africains », souligne-t-il, évoquant « un territoire colossal » et des perspectives économiques majeures.

Reste que, malgré ce démenti sur un départ imminent, la Champions Cup n’échappe pas aux critiques. Coûts de déplacement, stades parfois clairsemés en Afrique du Sud, calendrier complexe et équipes qui font parfois l’impasse sur certaines rencontres alimentent toujours le débat autour du format et de l’image de la compétition.

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